Cette artiste française membre du courant du nouveau réalisme a sut révolutionner à sa manière l’art, et mettre beaucoup de couleurs dans nos vies autant que dans la sienne, en effet, sa biographie est digne d’un roman.

 

 

 

 

Niki, une femme extraordinaire

 

Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle de son vrai nom est né le 29 octobre 1930 à Neuilly-sur-Seine dans une famille plutôt aisée.

 

  

Deuxième enfant d’une grande fratrie, son père André Marie Fal de Saint Phalle fait parti d’une grande famille des magnats de la finance, suite à la crise de 1929 la famille perd sa fortune et Niki est envoyé vivre chez ses grands parents dans la Nièvre, tandis que ses parents déménagent dans le Connecticut aux Etats-Unis.

  

Ce n’est que 3 ans plus tard, qu’elle rejoint ses parents en Amérique.

 

  

  

En 1937, la famille déménage une nouvelle fois, et s’installe à New York ou Niki intègre la Convent School of the Sacred Heart.

  

A l’âge de 11 ans, Niki est renvoyée de son école et déménage donc dans le New Jersey ou elle rejoint ses grands parents venus s’installer en Amérique pour fuir la Seconde guerre mondiale.

  

  

  

Après cette année de césure, Niki revient à New York ou elle intègre la Brearley School et commence à s’intéresser à la littérature et au théâtre.

  

En 1944, Niki change encore une fois d’école après avoir dégradé les locaux en peignant sur les statues de son école.

 

 

  

  

En 1947, Niki obtient son diplôme et commence à travailler en tant que mannequin et pose pour Vogue, Bazaar… Alors qu’elle n’a que 18 ans elle se marie avec un jeune homme engagé dans la marine.

  

En 1950, alors que son mari Harry Mathews étudie la musique à Harvard, Niki commence à peindre.

  

En 1951, à l’âge de 21 ans seulement, Niki de Saint Phall donne naissance à sa fille, Laura.

 

  

En 1952, la petite famille déménage à Paris, ou Harry continue la musique et Niki commence à étudier le théâtre.

  

L’année 1953 est une année difficile pour Niki qui fait une grave dépression, tandis qu’elle est soigné à Nice, elle réalise que la peinture l’aide à exprimer ses émotions et elle décide alors d’abandonner le théâtre pour la peinture.

  

Durant ce temps, Harry lui aussi abandonne la musique et écrit son premier roman.

  

En 1954 après avoir rencontré son mentor, le peintre américain Hugh Weiss, le couple déménage sur une ile à Majorque.

  

Alors qu’ils vivent en Espagne, Niki en profite pour découvrir le pays et découvre le travail de Gaudi, elle est transformé par cette expérience et reste à jamais transcendé par le Parc Guell de Barcelone.

 

  

  

C’est alors que le deuxième enfant du couple, Phillip nait.

  

En 1956, Niki expose pour la première fois ses oeuvres à la galerie St Gallen.

  

Le couple ré déménage à Paris et fréquente alors de nombreux artistes de l’époque, musiciens, auteurs, peintres…

 

C’est à cette époque que Niki rencontre Jean Tinguely et lui demande de lui fabriquer une sculpture faite de fer qu’elle va par la suite recouvrir de plastique.

  

En 1960, Niki et Harry se sépare et Harry déménage avec les enfants, tandis que Niki s’installe avec Jean.

  

Ainsi son nouvel amant va lui faire rencontrer de nombreuses personnalités influentes dans le monde de l’art qui vont lui acheter des œuvres pour les exposer dans des musées.

 

jean et niki de saint phalle

 

C’est en 1961 que la carrière de Niki va véritablement décoller, elle participe à de nombreuses expositions et rencontre de nombreux peintres comme Dali.

 

  

Durant de nombreuses années le couple va alors voyager autour du monde, puis se marier en 1971 la même année ou Niki deviendra grand-mère.

  

Le couple vivra heureux jusqu’en 1991, l’année ou Jean meurt.

Le nouveau réalisme ?

 

nouveau réalisme

  

Le nouveau réalisme est un mouvement qui a été développé

en France notamment par Yves Klein.

  

Les artistes souhaitent un retour à la réalité face au développement de la peinture abstraite.

 

  

Ainsi les artistes accumulent des objets de la réalité quotidienne pour en faire des œuvres.

 

  

La Mariée de 1963 est composée, au niveau du torse, d’un amoncellement de poupons, fleurs artificielles en plastiques et autres jouets signifiant le conditionnement qu’ils perpétuent sur le devenir de l’être humain.

  

L’unité, donnée par l’aspect monochrome qui se dégage de sa blancheur immaculée, renvoie à l’idée préconçue de candeur, pureté, virginité, autres carcans infligés à la femme lorsque cette dernière gravit des rites de passage

(communion, mariage).

 

Comme l’assigne Roland Barthes dans Mythologies :

 

 

  

  

« Les jouets courants sont essentiellement un microcosme adulte ; ils sont tous reproductions amoindries d’objets humains, comme si aux yeux du public l’enfant n’était en somme qu’un homme plus petit, un homunculus à qui il faut fournir des objets à sa taille » (…)

 

  

Pour le reste, le jouet français signifie toujours quelque chose, et ce quelque chose est toujours entièrement socialisé, constitué de mythes ou les techniques de la vie moderne adulte (…)

 

Que les jouets préfigurent littéralement l’univers des fonctions adultes ne peut évidemment que préparer l’enfant à les accepter toutes. »

 

 

  

Ce mouvement apparut en même temps que le pop art américain est souvent présenté comme son alter-ego français.

  

Les artistes souhaitent avoir un nouveau regard sur l’objet, la présence de couleurs et de différents matériaux accumulés est une de leur caractéristiques distinctive.

 

Le succès de Niki

 

Niki de Saint Phalle dès son plus jeune âge se révolte contre le rôle de la femme dans la société qu’on lui oblige à adopter.

  

Cependant en devenant épouse et mère dès son plus jeune âge, elle se conforme à une place au sein d’une famille.

C’est pourquoi Niki tombe dans une grande dépression, tiraillée entre son rêve d’être une femme indépendante avec des aspirations et son rôle de mère dans sa vie quotidienne.

 

  

Ce malaise va alors s’exprimer dans son art, mais Niki va aussi chercher l’inspiration dans un évènement plus sombre de son enfance :

  

le viol dont elle a été victime par son père à l’âge de 11 ans.

  

A l’âge adulte, Niki refoule sa haine contre les hommes, et commence à collectionner des armes blanches.

  

Afin de canaliser son agressivité, elle va tirer sur des sculptures qu’elle a elle même réalisé. C’est suite à ce rituel que Niki va être inspiré et réaliser sa première œuvre à succès :

Les tirs.

 

  

Les individus peuvent interagir avec l’œuvre car c’est grâce au décharge faites par des carabines que les tubes de peintures vont pouvoir se déverser et créer une toile. Alors admise dans le clan très fermé des nouveaux réalistes, Niki va connaitre le succès.

  

Cette œuvre est un véritable exutoire pour Niki qui va permettre à sa haine de s’exprimer.

 

 

 

Niki cherche aussi à changer la représentation artistique de la femme, et va briser les codes de l’esthétique du XXème siècle en créant les Nanas, composés de papier maché, de fil, de grillage et de laine.

  

  

En France son travail n’est pas très bien critiqué et il faudra attendre les années 1990 afin que ses œuvres soient reconnues, pourtant Niki trouve son succès en Allemagne, en Hollande et en Suède, ou elle créera « Hon » une gigantesque nana de 28 mètres sur 9.

  

  

  

En 1974, alors qu’elle est ami avec Marella Agnelli et qu’elle partage avec elle son rêve de faire un jardin remplit de sculpture à la manière de Gaudi, elle se voit offrir un espace en Toscane pour réaliser son rêve.

  

  

Le jardin des Tarots à Capalbio en Toscane est achevé en 1985 mais n’ouvrira ses portes au public qu’en 1998. Niki en plus de la peinture écrit de nombreux scénarios de films, dessine des bijoux, crée des parfums…

  

C’est une artiste polyvalente qui touche à tout, ainsi elle crée sa première fontaine pour la ville de Paris en 1982.

  

  

Après la réalisation de nombreuses œuvres commandées un peu partout autour du monde, Niki décède suite à une maladie qui touche ses poumons.

 

fontaine niki de saint phalle

La fontaine Stravinsky à Paris

  

En effet durant toutes ces années elle n’était pas au courant que le travail du plastique était toxique pour ses poumons, et elle s’éteindra en laissant des centaines de ses œuvres derrière elle.

 

 

 

Le jardin des tarots, l'oeuvre d'une vie de Niki