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    REVOLUTION 1789

     

    Jacques Louis David

    1748-1825

     

    Peintures entre 1784 et 1792

      

    Le serment du Horatii
    1784
    Huile sur la toile, 330 x 425 centimètres
    Paris

      

    Le serment du Horatii (détail)
    1784
    Huile sur la toile
    Paris

      

    Le serment du Horatii (détail)
    1784
    Huile sur la toile
    Paris

      

    Les amours de Paris et de Helen
    1788
    Huile sur la toile, 144 x 180 centimètres
    Paris

     

      

    La mort de Socrates
    1787
    Huile sur la toile, 130 x 196 centimètres
    Musée métropolitain d'art, New York

     
     

      

    Portrait d'Antoine-Laurent et d'Marie-Anne Lavoisier
    1788
    Huile sur la toile, 256 x 195 centimètres
    Musuem métropolitain d'art, New York

     
     

      

    Portrait d'Antoine-Laurent et d'Marie-Anne Lavoisier (détail)
    1788
    Huile sur la toile
    Musuem métropolitain d'art, New York

     

      

    Le Lictors retournant à Brutus les corps de ses fils
    1789
    Huile sur la toile, 323 x 422 centimètres
    Paris

      

    art de l'auto-portrait-portrait
    c. 1790
    Huile sur la toile, 63 x 52 centimètres
    Musée De Pushkin, Moscou

     

      

      

    Anne-Marie-Louise Th?sson, Comtesse de Sorcy
    1790
    Huile sur la toile, 129 x 97 centimètres
    Neue Pinkothek, Munich

      

    Portrait des d'Orvilliers de Marquise
    1790
    Huile sur la toile, 131 x 98 centimètres
    Paris

      

    Portrait de Madame Ad?ide Pastoret
    1791-92
    Huile sur la toile, 130 x 97 centimètres
    Institut D'Art, Chicago

      

    art de l'auto-portrait-portrait
    1791
    Huile sur la toile, 64 x 53 centimètres
    Degli Uffizi, Florence de Galleria

    Le serment dans la cour de tennis
    1791
    Crayon, stylo et encre et pétrole sur la toile, 358 x 648 centimètres
    Musée National du Château, Versailles

      

    Madame Trudaine
    c. 1792
    Huile sur la toile, 130 x 98 centimètres
    Paris


     

     

     

    1748-1825

     

    Graphiques après 1792

    Chef de file de la nouvelle école de peinture

    Depuis 1781, David pensait faire, pour répondre à la commande des bâtiments du roi, une grande peinture d'histoire inspirée du thème du combat des Horaces et des Curiaces et indirectement de la pièce de Pierre Corneille Horace. Mais c'est trois ans plus tard qu'il mène à bien ce projet en choisissant un épisode absent de la pièce Le Serment des Horaces (1785 musée du Louvre) qu'il reprend peut être de l'Histoire romaine de Charles Rollin[31], ou s'inspire d'une toile de Gavin Hamilton Le Serment de Brutus[32]. Grâce à un financement de son beau-père, David part pour Rome en octobre 1784, accompagné de son épouse et d'un de ses élève et assistant Jean-Germain Drouais qui concours pour le grand prix de peinture. Il poursuit dans le Palazzo Costanzi la réalisation de son tableau, qu'il avait commencé à Paris.

    David ne s'est pas tenu à la dimension de dix pieds sur dix (trois mètres sur trois environ) imposée par les Bâtiments du Roi, mais agrandit la toile, lui donnant une largeur de dix pieds sur treize (3,30m sur 4,25m). Sa désobéissance aux instructions officielles lui vaut une réputation d'artiste rebelle et indépendant[33]. Il prend l'initiative d'exposer sa toile à Rome, avant la présentation officielle au Salon, où elle connaît un grand retentissement dans le milieu des artistes et des archéologues.


    La Mort de Socrate (1787) Metropolitan museum of art NYA la suite de Jacques Brengues[34], Luc de Nanteuil et Philippe Bordes ont avancé que le peintre aurait été franc-maçon[35]. Mais ce n'est qu' en 1989 lors du colloque David contre David qu' Albert Boime a pu attester sur la base d' un document daté de 1787 de l'appartenance du peintre à la loge maçonnique de la modération comme membre affilié et suggère que le thème du serment que l'on retrouve dans plusieurs œuvres comme Le serment du jeu de paume, la distribution des aigles, Léonidas aux thermopyles, fut peut être inspiré à David par les rituels de la Franc-maçonnerie[36].

    Malgré son succès à Rome, et le soutien du marquis de Bièvre, il doit se contenter d'un mauvais emplacement pour sa toile au salon de 1785, qu'il impute à ses mauvaises relations avec Jean-Baptiste Pierre premier peintre du Roi et directeur de l'Académie des beaux-arts[37], mais qui en fait est dû au retard pris pour envoyer l'œuvre à Paris après l'ouverture du Salon[37]. Cela n'empêche pas le Serment des Horaces de connaître un grand succès public et critique, et de faire considérer David comme le chef de file de la nouvelle école de peinture[38]que l'on ne nomme pas encore le néoclassicisme[39].

    Les succès de David comme artiste établi et reconnu par ses pairs, comme portraitiste de la haute société de son temps et comme professeur, ne l'empêchent pas d'être en butte aux jalousies de l'Académie. Le concours de 1786 pour le Prix de Rome est annulé car les artistes candidats sont tous des élèves de son atelier[40], et sa candidature pour le poste de directeur de l'Académie de France à Rome est refusée[41].


    Paris et Hélène (1788) musée du LouvreCette même année, en l'absence d'une commande officielle du roi, il satisfait à celle de Charles Michel Trudaine de la Sablière, un aristocrate libéral, seigneur du Plessis-Franc et conseiller au parlement de Paris, en peignant la Mort de Socrate (1787 Metropolitan museum of art), un tableau de demi-figure (1,29 mètre sur 1,96 mètre). Le geste de la main dirigée vers la coupe fut suggéré au peintre, selon le biographe P. A. Coupin, par son ami le poète André Chénier[42]. Exposée au salon de 1787 l'œuvre se trouve en concurrence avec la version que Peyron présente de la même scène, et qui était commandée par les bâtiments du roi. De fait, en choisissant sciemment le même sujet David se confronte à nouveau avec son ancien rival du prix de Rome de 1773 et prend sa revanche par le succès qu'il rencontre lors de son exposition[43].

    Il peint en 1788 Les Amours de Pâris et d'Hélène (1788 musée du Louvre) pour le comte d'Artois, futur Charles X, qu'il avait commencé deux ans auparavant. C'est la seule commande émanant directement d' un membre de la famille royale; celle d'un portrait de Louis XVI montrant la constitution au dauphin, que le roi lui demande en 1792, ne sera jamais réalisée[44]. L'année 1788 fut troublée par la mort précoce de son élève favori Jean-Germain Drouais, des suites de la petite vérole. À l'annonce de cette nouvelle le peintre écrivit « J'ai perdu mon émulation

     

    Tête du Marat mort
    1793
    Encre de stylo, noire et brune, 270 x 210 millimètres
    Musée National du Château, Versailles

     

     

    Marie Antoinette sur le chemin à la guillotine
    1793
    Stylo et encre, 150 x 100 millimètres
    Auvent De Musée du, Paris

     

     

    Le représentant des personnes en service
    1794
    Stylo, encre et watercolour, 315 x 220 millimètres
    Musée Carnavalet, Paris

     

    Le Gouvernement Anglais
    1794
    Gravure à l'eau-forte colorée par main, 248 x 392 millimètres
    Biliotheque Nationale, Paris

     

     

    Femme dans un Turban
    1794
    Stylo et encre brune, 370 x 260 millimètres
    Collection privée

     

    Homer Exposant ses vers aux Grecs
    1794
    Craie, stylo, encre et lavage noirs et rouges, 272 x 345 millimètres
    Auvent De Musée du, Paris

     

    Portrait de Jeanbon Saint-Andr?B >
    1795
    Stylo, encre noire, lavage et points culminants blancs, diamètre 182 millimètres
    Institut D'Art, Chicago

    L'arrivée chez Hôtel de Ville
    1805
    Encre de stylo, brune et noire avec les points culminants blancs, 262 x 408 millimètres
    Auvent De Musée du, Paris

     

    Napoleon Tenant La Couronne De Josephine
    1805
    Crayon noir, 293 x 253 millimètres
    Auvent De Musée du, Paris

     

     

    Étude nue de pape Pius VII
    1805
    Graphite fini de crayon noir, 293 x 253 millimètres
    Auvent De Musée du, Paris

    L'impératrice Josephine se mettant à genoux avec Mme. de la Rochefoucauld et Mme. de la Valette
    1806
    Crayon et graphite noirs, 274 x 391 millimètres
    Auvent De Musée du, Paris

    Étude pour la distribution des normes d'aigle
    1808
    Stylo, encre noire, lavage gris et points culminants blancs, 181 x 290 millimètres
    Auvent De Musée du, Paris


    Peintures tôt (jusqu'au salon de 1783)

    Peintures entre 1784 et 1792

    Peintures entre 1793 et 1799

    Peintures entre 1800 et 1814

    Peintures après 1814

    Graphiques jusqu'en 1792

    Graphiques après 1792

    Biographie
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    Jacques Louis David

    1748-1825

    Biographie

     

      

    De part sa formation et son parcours artistique, David est avant tout un peintre d'histoire, considéré depuis le XVIIe siècle selon la classification de Félibien comme le grand genre.

      

    Jusqu'à son exil, les œuvres dont il accorde le plus d' importance sont des peintures d'histoire inspirées par les sujets tirées de la mythologie (Andromaque, Mars désarmé par Vénus) ou l'histoire de l'antiquité romaine et grecque (Brutus, Les sabines, Léonidas). 

      

    Il essaye d'adapter son inspiration antique aux sujets de son temps en peignant aussi des œuvres à sujet contemporains. Les œuvres les plus caractéristiques sont le Serment du jeu de paume, La mort de Marat et le Le Sacre.

     

     

    Le deuxième genre pictural qu'il aborde est le portrait. Au début de sa carrière et ce jusqu'à la Révolution, il portraiture ses proches et relations ainsi que des notables de son entourage, ses seuls essais dans le portrait officiel concernent ses portraits de Napoléon équestre, et en costume du sacre, du portrait du pape Pie VII, et de quelques membres du régime, comme Esteve et Français de Nantes. Son style dans ce genre préfigure les portraits de Ingres. On lui connaît trois autoportraits.

      

      

    Il ne peint pas de nature morte, et on ne lui attribue qu' un seul paysage peint qu'il aurait fait de la fenêtre du palais du Luxembourg en 1794 quand il fut emprisonné, il a aussi dessiné plusieurs paysages des campagnes romaines lors de son séjour en Italie.

     

     

    David Jacques Louis
    (1748-1825),

    Peintre français qui introduisit en France le style néoclassique et en fut le meilleur promoteur, de la Révolution jusqu'à la chute de Napoléon Ier.

     


    David, Jacques Louis

    Jacques Louis David naquit à Paris dans une famille de la bourgeoisie aisée. Il étudia à l'Académie royale sous la direction du peintre rococo Joseph Marie Vien et remporta le prix de Rome en 1774, après quatre tentatives.

      

      

    Il partit alors pour la Ville éternelle, comme pensionnaire à la villa Médicis, où il resta cinq ans. Au cours de ce séjour, il fut très influencé par l'art classique et l'œuvre du peintre du XVIIe siècle Nicolas Poussin.

     

    De retour à Paris en 1780, il parvint rapidement à son propre style néoclassique, tirant les sujets de ses tableaux de l'Antiquité et s'inspirant, pour les formes et la gestuelle, de la sculpture romaine. Sa première commande, le Serment des Horaces (1784, Musée du Louvre, Paris) fut soigneusement prémédité pour être le manifeste du nouveau style néoclassique, destiné à développer le sens civique du public.

      

      

      

    Porteuse d'un thème très moral, voire patriotique, cette toile devint la référence principale de la peinture historique noble et héroïque des deux décennies suivantes. à partir de 1789, afin de témoigner des épisodes de la Révolution française, ami de Robespierre, il mit son art au service de la nation et adopta un style plus réaliste que néoclassique, comme l'atteste la Mort de Marat (1793, Musées royaux des Beaux-Arts, Bruxelles).

      

      

    En 1794, emprisonné à deux reprises au palais du Luxembourg, il continua néanmoins à peindre et conçut les Sabines (Musée du Louvre), qu'il acheva en 1799.

     

    De 1799 à 1815, il fut le peintre officiel de Napoléon Ier dont il retraça le règne dans de très grandes toiles, comme le Sacre de Napoléon Ier le 2 décembre 1804 (1806-1807, Musée du Louvre). Suivant la disgrâce de l'Empereur, il s'exila à Bruxelles - l'Italie avait refusé de l'accueillir -, où il séjourna jusqu'à sa mort.

      

      

    Il y ouvrit un atelier, revint aux sujets de la mythologie grecque et romaine, peints cependant dans un style plus théâtral.

    Tout au long de sa carrière, il fut également un portraitiste fécond. Plus intimistes que ses grandes toiles, ses portraits, comme Madame Récamier (1800, Musée du Louvre), montrent sa grande maîtrise technique et sa psychologie des personnages.

      

      

      

    De nombreux critiques modernes considèrent que les portraits de David, dénués de discours moral et soumis à une technique plus simple, sont sa plus grande réussite.

    La carrière de David symbolise en quelque sorte le passage du style rococo du XVIIIe siècle au réalisme du XIXe siècle.

      

      

    Son style au souffle puissant et sa grande maîtrise du dessin influencèrent fortement ses élèves Antoine Gros et Jean Auguste Dominique Ingres (l'un des derniers représentants du néoclassicisme) ; ses thèmes patriotiques et héroïques préparèrent la voie au romantisme.

    Jacques Louis David

     

    1748-1825

     

    Jacques-Louis David était le peintre officiel de la Révolution et un membre de la Convention au plus fort de la Terreur. Il a toujours mis son art aux services de ses idéaux à travers les fêtes révolutionnaires, ou la propagande. Homme dangereux car manipulateur de l'art au service d'une cause, ce livre décrit les liens du peintre avec le domaine politique, la modernité de son action face à l'Histoire.

     

    Peintre et conventionnel

    Dès août 1790, Charlotte David, en désaccord avec les opinions de son mari, engage leur séparation et se retire un temps dans un couvent. Le 17 juillet 1791 David fait partie des signataires de la pétition demandant la déchéance de Louis XVI réunis au Champ de Mars juste avant la fusillade, il fait à cette occasion la connaissance de Roland[60]. En septembre de la même année il tente sans succès de se faire élire comme député à l'Assemblée législative[61]. Son activité artistique se fait moins présente : s' il trouve le temps de faire son deuxième autoportrait dit Autoportrait aux trois collets (1791 Florence Galerie des Offices), il laisse inachevés plusieurs portraits dont ceux de Mme Pastoret et Mme Trudaine.

    En 1792 ses positions politiques se radicalisent : le 15 avril il organise sa première fête révolutionnaire en l'honneur des gardes suisses de Chateauvieux qui s'étaient mutinés dans la garnison de Nancy. Son soutien à cette cause provoque la rupture définitive avec ses anciennes relations libérales, notamment André Chénier et Mme de Genlis.

    Le 17 septembre 1792 il est élu 20e député de Paris à la Convention nationale avec 450 voix aux élections du second degré[62], et le soutien de Jean-Paul Marat qui le classe parmi les «excellents patriotes»[63]. Il siège avec le parti de la Montagne.

    Peu après le 13 octobre il est nommé au Comité d'instruction publique et à ce titre, est chargé de l'organisation des fêtes civiques et révolutionnaires, ainsi que de la propagande. Au Comité, de 1792 à 1794, il s'occupe de l'administration des arts, qui s'ajoute à son combat contre l'Académie. Également membre de la Commission des monuments, il propose l'établissement d'un inventaire de tous les trésors nationaux et joue un rôle actif dans la réorganisation du Muséum des Arts, offrant un poste à Jean-Honoré Fragonard. Il conçoit au début de l'année 1794 un programme d'embellissement de Paris et fait installer les chevaux de Marly de Guillaume Coustou à l'entrée des Champs Élysées[64].

    Du 16 au 19 janvier 1793 (27 au 30 nivôse an I) il vote pour la mort du roi Louis XVI, ce qui provoque la procédure de divorce intentée par son épouse. Le 20 janvier le conventionnel Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau est assassiné pour avoir lui aussi voté la mort du roi. David est chargé par Barère de la cérémonie funéraire et fait exposer le corps place des Piques[65]. Il représente ensuite le député sur son lit de mort dans un tableau exposé à la Convention, puis récupéré par le peintre en 1795, probablement détruit en 1826 par la fille du conventionnel assassiné[66]. Il reste connu par un dessin de son élève Anatole Desvoge, et une gravure de Tardieu.


    Pierre-Antoine Demachy Fête de l’Etre suprême au Champ de Mars (20 prairial an II - 8 juin 1794). Musée CarnavaletÀ l'annonce de l'assassinat de Marat le 13 juillet 1793, la Convention, par la voix de l'orateur François Élie Guirault porte-parole de la Section du Contrat-Social, commande à David de faire pour Marat ce qu'il avait fait pour Lepeletier. Proche relation du conventionnel, David avait fait partie des derniers députés à l'avoir vu vivant la veille de l'assassinat[67]. Il peint, avec Marat assassiné (1793), un de ses tableaux les plus célèbres et emblématiques de sa période révolutionnaire, exposant le crime dans sa crudité. Il s'occupe aussi des funérailles en organisant le 16 juillet une cérémonie quasi-religieuse dans l'église des Cordeliers précédée par un cortège funèbre[68]. En octobre 1793, David annonce l'achèvement de sa toile. De novembre 1793, jusqu'à février 1795, les tableaux de Lepelletier et Marat vont sieger dans la salle des séances de la Convention.

    Avec La Mort du jeune Barra David fait son troisième et dernier tableau sur le thème du martyr révolutionnaire, en prenant cette fois comme exemple le cas d'un jeune tambour de treize ans Joseph Barra, tué lors de la guerre de Vendée pour avoir, selon la légende, refusé de crier « vive le roi ». Il était aussi chargé d'une célébration révolutionnaire pour sa panthéonisation, mais les évènements du 9 thermidor date de la chute de Robespierre font abandonner le projet[69].

    David avait aussi envisagé de célébrer un autre héros, le général marquis de Dampierre, dont il a fait quelques croquis préparatoires à une toile qui ne sera pas réalisé, le projet fut peut être interrompu à l'annonce de l'assassinat de Marat[70].

    A partir de la seconde moitié de l'année 1793 David occupe plusieurs postes à responsabilité politique, en juin il est nommé président du club des jacobins, le mois suivant il est secrétaire de la Convention. Il prend une part active dans la politique de la Terreur en devenant le 14 septembre 1793 membre du Comité de sûreté générale et préside la section des interrogatoires[71]. À ce titre il contresigne environ trois-cent mandats d'arrestation, et une cinquantaine d'arrêtés traduisant les suspects devant le tribunal révolutionnaire. Il intervient entre autres dans l'arrestation de Fabre d'Églantine, ainsi que dans celle du général Alexandre de Beauharnais, et dans le cadre du procès de Marie antoinette, il participe comme témoin à l'interrogatoire du Dauphin. Il n'interviendra pas pour empêcher l'execution d'anciens amis et commanditaire comme les frères Trudaines, Lavoisier, la duchesse de Noaille pour qui il avait peint un christ en croix ou André Chenier, et Carle Vernet lui imputera la responsabilité de l'exécution de sa sœur Madame Chalgrin. Cependant il protégea Dominique Vivant Denon en lui procurant un poste de graveur[72] et aida son élève Antoine Jean Gros dont les opinions royalistes pouvaient en faire un suspect, en lui donnant les moyens de s'expatrier en Italie. En 1794 David est nommé président de la Convention, fonction qu'il occupe du 5 au 21 janvier (16 nivôse au 2 pluviôse an II).

    Il organise la cérémonie de la Fête de l'Être suprême.


    Pendant le Directoire

    Les SabinesAprès la chute de Robespierre, le 9 thermidor (27 juillet 1794), David est compris dans la proscription. Mais absent de la convention ce jour-là, ayant été prévenu par un ami, il échappe de justesse à l'échafaud. Dénoncé par Lecointre comme robespierriste il est mis en accusation et emprisonné à l'ancien Hôtel des Fermes générales, puis au Luxembourg. Ses étudiants se mobilisent et obtiennent sa libération le 8 nivôse an III (28 décembre 1794). Il est à nouveau emprisonné en 1795 avant d'être amnistié.

    Durant son emprisonnement, David ne reste pas inactif, il peint l' Autoportrait du Louvre et conçoit Les Sabines. Ce tableau est une œuvre capitale de David, de style néo-classique, dans lequel il symbolise les rivalités fratricides des factions révolutionnaires et les vertus de la concorde. Les Sabines attira les critiques des Barbus, un groupe constitué de certains de ses élèves par Pierre-Maurice Quays qui prônait un retour au primitivisme. David dut se séparer de ces éléments perturbateurs.

    C'est à cette époque qu'il reprend contact avec son ex-épouse Charlotte qui lui pardonne ses actes et qui accepte de l'épouser à nouveau.


    Époque napoléonienne

    Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard (1800) château de MalmaisonDès les premiers succès de Bonaparte en Italie, il fut séduit car il retrouvait en lui ses héros légendaires . Vers la fin de l'an VI (1797), sa rencontre avec le jeune général Bonaparte achève de le convaincre et il fait son premier portrait qui demeure inachevé.

    Il réalisa, pour le nouveau maître de la France puis de l'Europe, plusieurs tableaux à des fins de propagande et devint le peintre officiel du Premier Empire. Sa première représentation majeure fut Bonaparte au Grand-Saint-Bernard monté sur un cheval fougueux. David dont c'était la première grande réalisation pour Bonaparte voulut en faire un tableau symbolisant le conquérant dans la ligne d'Hannibal avec le nom de Bonaparte gravé sur une pierre, en bas, à gauche du tableau. Originellement la toile fut commandée par le roi d'Espagne. Il existe quatre autres exemplaires de ce tableau qui furent exécutés par l'atelier de David. Cette œuvre majeure reproduite en France dans tous les manuels d'histoire depuis Jules Ferry est un des rares portraits équestres de Napoléon.

    Le premier consul Bonaparte voulait nommer David « peintre du gouvernement » mais ce dernier refuse ce titre estimant mériter plus, et en 1804, le nouvel empereur l'investit dans la fonction de « premier peintre », fonction qu'avait occupé Charles Le Brun auprès du Roi Soleil. Ainsi à l'occasion des cérémonies du Couronnement, David reçoit commande de quatre tableaux dont il n'en exécutera que deux, « Le Sacre de Napoléon » et La Distribution des Aigles, à cause de difficultés de paiement.

    Il réalisa Le Sacre de Napoléon en trois ans et disposa pour ce faire d'une loge à Notre-Dame d'où il put suivre, les épisodes et les détails de la grandiose cérémonie. Il a relaté lui-même comment il opéra : « J'y dessinai l'ensemble d'après nature, et je fis séparément tous les groupes principaux. Je fis des notes pour ce que je n'eus pas le temps de dessiner, ainsi on peut croire, en voyant le tableau, avoir assisté à la cérémonie. Chacun occupe la place qui lui convient, il est revêtu des habillements de sa dignité. On s'empressa de venir se faire peindre dans ce tableau, qui contient plus de deux cents figures… ». Cependant, le tableau n'est pas tout à fait véridique sur au moins deux points : la mère de Napoléon représentée dans la tribune la plus proche de l'autel, selon le vœu de l'empereur, n'assista pas à la cérémonie, et le pape Pie VII, représenté bénissant le mariage, n'a été en réalité que simple spectateur, restant toute la cérémonie assis dans une attitude résignée.

    Dans le tableau La Distribution des Aigles il dut sur ordre de l'empereur réaliser deux modifications importantes : il vida le ciel de la « Victoire qui jette des lauriers aux officiers brandissant drapeaux et étendards » et après 1809 il fit disparaître de la scène Joséphine répudiée. La première modification rendit sans objet le mouvement de tête des maréchaux regardant désormais le vide à l'emplacement où se trouvait l'allégorie.

    Vers la fin de l'Empire, les commandes officielles se raréfient et David achève son tableau Léonidas aux Thermopyles un épisode de l'histoire de l'Antiquité grecque qui va devenir à la mode. Ce tableau fut conçu par David vers 1800, époque où la glorification des vertus héroïques du sacrifice pour la nation était un modèle à suivre. Le Roi Léonidas à la tête de trois cents guerriers résolus, tient tête à plusieurs centaines de milliers de soldats perses, donnant aux Grecs le temps de se reprendre. Le tableau fut achevé en mai 1814, alors que Napoléon venait d'abdiquer et de s'exiler sur l'île d'Elbe. Lors des Cent-Jours, Napoléon de passage à Paris prit le temps d'aller voir le tableau. Le peintre conserva sa fidélité à l'Empereur en signant l' « Acte additionnel ».

    Après la bataille de Waterloo, et le retour du roi Louis XVIII sur le trône, David, pour avoir signé l' « Acte additionnel », est définitivement proscrit du royaume de France et doit partir en exil, après la loi du 12 janvier 1816.


    Exil à Bruxelles

    Portrait de David (1817) par François-Joseph NavezDans un premier temps, il sollicite l'asile auprès de l'Italie qui le lui refuse. La Belgique plus libérale le reçoit et il retrouve à Bruxelles d'autres anciens conventionnels : Barrère, Pierre Joseph Cambon, Merlin de Douai, Thibaudeau, Alquier et Sieyès.

    Il exécute de nombreux portraits pour vivre, mais ses capacités sont encore là, il n'a pas renoncé à la « grande manière » et reprend ses sujets liés à la mythologie grecque et romaine.

    Refusant les généreuses interventions tendant à obtenir son retour en France, il restera en Belgique jusqu'à sa mort neuf ans plus tard malgré une amnistie. Dans ce pays, il a enfin trouvé la quiétude et, presque octogénaire, il exécute sans commanditaire en 1824, un tableau de plus de trois mètres de haut, « Mars désarmé par Vénus et les Grâces ». Ce fut sa dernière grande œuvre et David mou

    Peintures tôt (jusqu'au salon de 1783)

    Peintures entre 1784 et 1792

    Peintures entre 1793 et 1799

    Peintures entre 1800 et 1814

    Peintures après 1814

    Graphiques jusqu'en 1792

    Graphiques après 1792

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