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    Portrait of Eugène Boudin

    Pierre Petit, ‘Portrait of Boudin’, Archives Larousse, Paris
    © Archives Larousse, Paris / Giraudon / Bridgeman Art Library   

      

    Eugène-Louis Boudin est un peintre français, né à Honfleur (Calvados) le 12 juillet 1824, mort à Deauville (Calvados) le 8 août 1898. Il fut l'un des premiers peintres français à saisir les paysages à l'extérieur d'un atelier. Grand peintre de marines, il est considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme.

     

    La carrière de papetier

     
     
    Plage à Trouville.

     

     

    Eugène Boudin est né à Honfleur, en Normandie, fils de Léonard-Sébastien Boudin (1790-1863) et de son épouse Marie-Félicité Buffet (1793-1871) qui lui donnent en 1821 une sœur, prénommée Rose Désirée et en 1827 un frère prénommé Louis. Son père était marin sur les bateaux assurant la liaison Le Havre-Hambourg et sa mère était femme de chambre sur ces bateaux.

     

      

    En 1835, sa famille déménage au Havre. À dix ans, il travaille comme mousse sur un bateau à vapeur assurant la liaison entre Le Havre et Honfleur. Par la suite, son père l'établit comme commis chez l'imprimeur Joseph Morlent, puis chez le papetier Alphonse Lemasle. Il commence à travailler l'année suivante comme assistant dans une boutique de papetier-encadreur.

      

      

    Les débuts artistiques

     

    En 1844, alors âgé de 20 ans, Eugène Boudin fonde avec un associé sa propre boutique de papetier-encadreur où il expose les œuvres des artistes de passage. Dans le cadre de son travail, il entre ainsi en contact avec des peintres des environs associés à l'école de Barbizon, notamment Constant Troyon, Eugène Isabey, ou des artistes comme Charles Baudelaire.

     

      

    Eugène se met alors à dessiner, puis à 22 ans – encouragé par Jean-François Millet et Thomas Couture – il abandonne le monde du commerce et se lance dans une carrière artistique. Il suit des cours à l'école municipale de dessin du Havre et ne se consacre alors plus qu'à la peinture

     

      

      

    En 1851, grâce au soutien du journaliste Alphonse Karr ainsi que de Constantin Troyon et Thomas Couture, il reçoit du conseil municipal du Havre une bourse d'étude de 1 200 francs par an, afin d'aller étudier la peinture

    à Paris pendant trois ans.

      

    La Société des Amis des Arts du Havre dit alors de lui :

      

    "Il prit le crayon, il prit le pinceau et sans autres leçons qu'un sens merveilleux, une volonté opiniâtre, il est devenu peintre, mais peintre créateur, peintre avec son individualité, son originalité personnelle."

      

    C'est ainsi que, le 30 juin 1851, il rejoint la capitale et étudie la peinture au sein de l'atelier d'Eugène Isabey ainsi qu'au Louvre où il s'inscrit comme élève copiste. Eugène Boudin y réalise des copies de peintures de maîtres (notamment hollandais et flamands) pour quelques amateurs, ce qui lui permet d'approfondir son apprentissage.

      

    Il produit également de nombreuses natures mortes entre 1853 et 1865, genre fort apprécié des bourgeois de l'époque.

     

     

      

    Dès 1855, il adopte un rythme de vie particulier passant ses hivers à Paris et ses étés en Normandie à Honfleur, tout en séjournant régulièrement en Bretagne à Douarnenez, Tréboul et ses environs.

      

    À Portrieux, il peint les bateaux terre-neuvas et « Un an avant sa mort, il fait un long voyage entre Le Croisic et la pointe du Raz en passant par Pont-Aven » .

     

     

    Boudin fait sa première exposition en 1857 à Paris et la même année il parvient à vendre une vingtaine de ses toiles à l'occasion d'une vente aux enchères au Havre.

     

    Au cours de l'année 1859, le peintre – alors âgé de 35 ans – expose sa première toile au Salon à Paris : Un pardon à Saint-Anne-la-Palud. Il se fait remarquer pour ses atmosphères et ses pastels originaux, et reçoit conseils et hommages du poète Charles Baudelaire rencontré la même année alors qu'il est en villégiature chez sa mère. Il se lie également d'amitié avec Gustave Courbet qui, ayant remarqué une peinture de Boudin chez un commerçant parisien, chercha à rencontrer son auteur. Il rencontre aussi le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind

    et surtout Claude Monet qu'Eugène Boudin initiera à la peinture en plein-air, notamment lors des séjours à la ferme Saint-Siméon à Honfleur où se retrouvent régulièrement de nombreux peintres parisiens et normands.

     

      

      

      

    Monet dira de lui "Si je suis devenu peintre, c'est à Boudin que je le dois"

    car son maître et ami lui apprend "à voir et à comprendre".

     

    Corot, appelait Boudin le « roi des ciels », et Monet, son élève, l’appellera ainsi toute sa vie. Il a d’ailleurs dans sa jeunesse, travaillé pour Troyon

    (dont il faisait notamment les ciels).

     

    En 1862, alors qu'il est fatigué de réaliser des œuvres de commandes pour vivre difficilement de son art, il assiste à la naissance de la mode des bains de mer et à la création de Deauville, nouvellement desservie par le chemin de fer. Il a alors l'idée en voyant les estivants de la bourgeoisie et de la noblesse parisienne flâner sur les plages des stations balnéaires normandes de représenter ces mondanités et ces élégantes.

      

    Ces scènes de plage ne rencontrent pas le succès du public qui juge ses peintures voyeuristes et bâclées mais attirent l'attention des critiques et

    des artistes d’avant-garde.

     

      

      

    "On aime beaucoup mes petites dames sur la plage", écrit-il par exemple en février 1863 à son ami Ferdinand Martin, "d'aucuns prétendent qu'il y a là un filon d'or à exploiter".

      

    Mais dans ces peintures mondaines, la véritable quête du peintre reste la recherche de la lumière. Boudin aspire avant tout à "chercher son rayonnement, la fulguration, la condenser, la poursuivre dans sa chaleur". En témoigne la composition des tableaux où le ciel occupe toujours une très large bande supérieure.

     

    Le 14 janvier 1863, Eugène Boudin se marie avec Marie-Anne Guédès,

    née le 17 avril 1835 à Ruzaden, village de la commune d'Hanvec.

    En février de la même année, il s'installe à nouveau à Paris.

      

      

      

    Les conditions de vie du couple sont difficiles :

      

    le montant des loyers et leurs faibles revenus les obligent à déménager fréquemment. Ils occupent des logements souvent situés sous les toits, qui font également office d'ateliers. Le peintre souffre de la mauvaise lumière, du froid de l'exiguïté des lieux.

      

    En septembre, Boudin revient en Normandie à Trouville, à proximité de Courbet qui est à Deauville et de Monet et Jongkind qui résident à Honfleur. Il fait alors de fréquents séjours en Bretagne, résidant un temps dans le manoir en grande partie déjà ruiné de Kerhoan, dans la commune du Faou.

      

      

      

    Il profite de ses séjours bretons pour peindre des tableaux de la région comme Le port de Camaret, L'Hôpital-Camfrout, Vue de Douarnenez, l'île Tristan, le matin...

    Il rédige aussi en 1867 à l'attention de son frère Louis, écrivain à ses heures perdues[12], Notes d'un voyage en Bretagne (1867), texte publié en 1924 par le Mercure de France[13] où il décrit la vie quotidienne dans la région d'Hanvec, Le Faou, Rumengol à cette époque. Il s'inspire pour ces scènes rurales du travail de Jean-François Millet : "Etudier cette belle figure d'homme appuyé sur son bâton, se souvenir de Millet, le berger, mais étudier le beau fond limpide et plein d'air et donner à cela un aspect saisissant."

      

    Observer les paysans bretons habitués "au rude labeur des champs, au pain sec et à l'eau" lui inspire un enthousiasme qui génère parallèlement chez lui "une certaine honte à peintre la paresse désœuvrée", ces "parasites dorés" des plages de Trouville-Deauville.

    Eugène Boudin, 795

    Eugène Boudin

     

    Le 25 mars 1868, Boudin organise une vente publique de ses œuvres, ce qui lui rapporte quelques revenus et donne lieu à des critiques élogieuses venues du milieu des peintres mais aussi d'Émile Zola, qui voit en lui "un peintre qui a le sens des horizons humides, de l'eau et des tâches vibrantes que fait une toilette de femme sur un ciel gris."

      

    L'année 1869 est consacrée en grande partie à la réalisation d'une commande du couple Rosenlecher, propriétaires du château de Bourdainville, dont Boudin doit réaliser l'intégralité du décor de la salle à manger

     

    Eugène Boudin, 801

    Eugène Boudin 

     

    Fuyant la guerre franco-prussienne, Boudin séjourne à Bruxelles fin 1870 sur l'invitation de Gauchez, marchand Bruxellois.

      

    Il poursuit ensuite son travail de peintre de marine et séjourne plusieurs fois à Fervaques, dans l'arrière-pays bas-normand, chez son ami le Docteur Jaquette.

     

     

    Le tournant impressionniste

     
     

    En 1874, il participe à la première exposition « impressionniste », qui se tient à Paris dans les studios du photographe Félix Nadar. Par la suite, les expositions impressionnistes se tiendront dans les locaux du marchand d'art

    Paul Durand-Ruel.

     Eugène Boudin, 805

    Eugène Boudin

     

    À partir de cette date, il passera pour un des précurseurs de ce mouvement, bien qu'il ne se considérât jamais lui-même comme un grand innovateur. Sa réputation grandissante lui permit d'effectuer de nombreux voyages dans les années 1870. Il visita notamment les Flandres, les Pays-Bas, le sud de la France ainsi que l'Italie, où il découvre différents

    courants artistiques du XIXe siècle.

     

     

    Il continue d'exposer à Paris et reçoit la médaille de la troisième place du Salon de 1881 avec son œuvre La Meuse, à Rotterdam. En 1886, plusieurs de ses œuvres apparaissent à la grande exposition impressionniste organisée à New York par Durand-Ruel. Il obtient ensuite la médaille d'or lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889 avec les deux toiles qu'il expose : Un coucher de soleil et Marine - Les Lamaneurs.

      

    La même année, son épouse décède le 24 mars.

     

     

      

    Vieillissant et marqué par la perte de sa femme, Boudin séjourne dans le midi chaque hiver à partir de 1890. Le climat lui permet, peintre de plein air, de travailler tous les jours, et il y apprécie les "splendeurs de la lumière".

      

    Malade, il s'installe en 1892 à Villefranche-sur-Mer, sur la côte d'Azur. La même année, Eugène Boudin est nommé chevalier de la Légion d'honneur. La décoration lui est remise par le peintre symboliste Pierre Puvis de Chavannes qui l'avait par ailleurs convaincu de rejoindre la société nationale des beaux-arts. Il entreprend des voyages réguliers à Venise jusqu'en 1895 en quête d'inspirations.

     

      Boudin Eugène

      

    En 1898 – alors qu'il est à Paris et se sent défaillir – il demande à mourir « face à la mer » et se fait transporter à Deauville. Il décède le 8 août au matin dans la villa Breloque au 8, rue Oliffe, et est enterré le 12 août au cimetière Saint-Vincent – dans le quartier de Montmartre – à Paris.

      

      

    Son œuvre

    Eugène Boudin est un peintre marin, expert en matière de rendu de tout ce qui est lié à la mer et à ses rivages. Il peint notamment de nombreux tableaux décrivant la vie des pêcheurs sur les ports et les marchés ; ainsi que celle des familles bourgeoises du XIXe siècle sur les plages de Normandie. S'il ne rencontre un succès public relatif qu'à l'approche de la soixantaine, son travail de peintre d’avant-garde est reconnu par les critiques et peintres impressionnistes dès les années 1870, les collectionneurs (Ivan Tourgueniev, Georges Feydeau, puis les Rothschild ou Cary Grant) se mettant dès lors à acheter ses tableaux de paysage mais c'est surtout à partir de 1929, année qui voit Jeanne Lanvin acheter une de ses toiles, que le succès et la reconnaissance lui sont définitivement assurés.

     

    Eugène Boudin, 806

    Eugène Boudin

    L'importance du ciel et des effets atmosphériques dans ses peintures lui vaut d'être surnommé le « roi des ciels » par le peintre français Camille Corot et le « peintre des beautés météorologiques » par Charles Baudelaire. Ce peintre des paysages attache en effet une grande importance au soleil, aux nuages, au ciel et à leurs effets changeants sur le paysage en mouvement, Baudelaire écrit même :

    "La légende cachée avec la main, vous devineriez la saison, l'heure, le vent."

      

    Dans une courte biographie qu'il rédige en 1887, Boudin évoque son ambition d'avoir eu une "petite part d'influence dans le mouvement qui porte la peinture vers l'étude de la grande lumière, du plein air et de la sincérité dans la reproduction des effets du ciel..."

     

    Les pêcheuses à Berck, huile de Eugène Louis Boudin (1824-1898, France)

      

      

    Au cours de sa vie, il aura peint près de 4 500 tableaux et laissé autant de dessins, pastels et aquarelles. C'est le musée des Beaux-Arts André Malraux du Havre qui possède la plus grande collection de tableaux de Boudin, avec 224 peintures dont de nombreuses esquisses et études, toutes exposées. Une grande partie provient du « legs Boudin », comportant 60 toiles et 180 panneaux, reliquat de la vente aux enchères, le 21 mars 1899, des œuvres retrouvées dans son atelier à sa mort.

     

      

        

    Le Musée Eugène-Boudin de Honfleur possède en outre 93 œuvres de l'artiste.

      

    Ce musée a été créé en 1868 par Louis-Alexandre Dubourg, peintre honfleurais et ami de Boudin. Ce dernier enrichit les collections du musée en léguant à sa ville natale 53 de ses œuvres ainsi que 17 œuvres de ses amis (Ribot, Hamelin...).

      

      

    Sa correspondance nous offre l'image d'un homme passionné, acharné au travail jusqu'au l'étourdissement, mais humble et souvent insatisfait de sa production, cherchant sans cesse à s'améliorer et toujours prompt à vanter le talent d'autres peintres.

     

     

     

    BOUDIN, Eugène

    Eugène Boudin, fils d'un marin de Honfleur (où il est né), exerce d'abord le métier de papetier-encadreur avant de découvrir, sous l'influence de Millet et de Thomas Couture, sa vocation de peintre et de s'y consacrer.

    En 1848, un voyage en Belgique et en Hollande lui fait découvrir les peintres flamands et hollandais du XVIIe siècle. En 1849, il s'installe à Paris pour étudier la peinture sous la direction d'Eugène Isabey.

     

     

    Au Louvre, il admire Watteau et les peintres italiens. Lorsque, en 1859, il expose pour la première fois, il est remarqué pour ses atmosphères claires et lumineuses alors inhabituelles.

    En 1858, il se lie d'amitié avec Courbet et Monet. Baudelaire remarque, au Salon de 1859, ses études au pastel faites sur le motif.

    Avec Monet, sur lequel il a exercé une influence importante, il est en effet un des premiers peintres à travailler en plein air plutôt qu'en atelier.

    Ce sont « les états de l'atmosphère selon le lieu, l'heure et le vent » qui l'intéressent.

    En 1861, il rencontre Corot, à qui il doit le surnom de « roi des ciels » et dont les tons clairs et éteints, les valeurs nuancées d'ocre et de gris lui ouvrent la voie, dès 1862, des paysages d'atmosphère et des scènes de l'époque moderne.

    En 1870, il montre de l'intérêt pour des sujets nouveaux, la lumière, les ciels immenses et mouvants, l'atmosphère sans cesse renouvelée de la Manche.

    La Bretagne, dont il admire le folklore, la luminosité et la poésie des paysages, les ports et les côtes, révèle un impressionniste en puissance. Il se concentre sur les marines, les ports et les stations balnéaires, où il peut étudier les jeux de lumière qui décomposent et absorbent les formes.

    La facture rapide qui s'impose à lui comme le seul moyen de capter cette mouvance et qui donne au tableau cet aspect d'esquisse annonce l'impressionnisme.

    En 1874, il participe à la première exposition des impressionnistes.

    Bien qu'il soit resté réticent à leur pratique de la division du ton et de l'ombre colorée, il est cependant reconnu par eux comme un précurseur. Leur admiration n'est pas étrangère au succès de l'exposition qui lui est consacrée chez Durand-Ruel en 1883.

     

     

    WIKIPEDIA

      Présentation

     
     
      
    Musée Eugène Boudin
     
     

    Fax : 02 31 89 54 06

    Mail :

     

    Le musée Eugène Boudin réunit une importante collection de tableaux pré impressionistes de peintres normands ayant séjourné à Honfleur comme Monet, Courbet, Boudin ou Friesz.

    Créé en 1868 par Alexandre Dubourg et Eugène Boudin, tous 2 originaires de Honfleur, le musée Eugène Boudin expose de nombreuses peintures, sculptures du 19e et 20e siècles ainsi que des dessins et des oeuvres qu'Eugène Boudin a légué à sa ville natale, Honfleur.
    A découvrir également : plus de 1 000 objets, coiffes, meubles normands qui constitue une impressionnante collection d'ethnographie normande.

     

     

     

     

     

      

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