• La MOUCHE en PEINTURE- Mouche symbole de la corruption et de la vénalité

     

      

     

    François Boucher  Une Dame à sa Toilette

     

    Mouches symbole de la corruption et de la vénalité  

     De la mouche diabolique à la mouche de beauté…

    La mouche, sans doute le plus petit animal représentable en peinture est un modèle de choix par sa délicatesse pour le peintre de textures qui a ainsi l’occasion de manifester son habileté. 

      

    Dans la doctrine chrétienne, l’insecte est associé au mal, au diable, au péché. Image du tourment et de la torture, il évoque aussi la passion du Christ.   

      

      

    La mouche peinte peut également représenter une sorte de prévention contre la possibilité qu’à sa place se trouve une vraie mouche, en référence au dicton de la médecine médiévale :   

      

    “simili similibus curantur”, c’est à dire le semblable soigne le semblable.

     

     

    Giovanni Francesco Barbieri, Et in Arcadia ego, 1628

      

      

    Pour les précieuses du XVIIème siècle qui avaient baptisées les mouches de beauté “taches avantageuses”, elles étaient irrésistibles.

      

    Accessoires essentiels de la beauté, ces morceaux de taffetas noir placés sur la joue auraient servi à l’origine d’enseigne du mal de dent.

      

    Apposées sur le visage et le décolletée, elles servaient aussi bien à rehausser le blancheur de la peau qu’à séduire le galant.

     

     

    Annonyme, Portrait de femme, XVème siècle

     

     

    Pline n’est pas le seul à évoquer la mouche, Vasari dans «Les Vies des meilleurs peintres, sculpteur et architectes rapporte une anecdote relative à Giotto :

    "Giotto dans sa jeunesse, peignit un jour de manière si frappante une mouche sur le nez d’une figure commencée par Cimabue que ce maître, en se remettant au travail, essaya plusieurs fois de la chasser avec la main avant de s’apercevoir de sa méprise" .

      

    Ici le détail condense le progrès de la peinture :

      

    cette mouche est l’emblème de la maitrise nouvelle des moyens de la représentation mimétique, comme si la conquête de la vérité en peinture était passée par cette de son détail ressemblant (D. Arasse, Le Détail, p 120)

    La mouche est comme un détail et un symbole de la capacité du peintre à tromper les yeux en faisant venir un détail de l’image vers le spectateur comme s’il sortait du tableau.

      

    Giotto n’a jamais peint de mouche, ce n’est pas une pratique de son temps.

      

    La mouche devient un motif pictural qui rencontre le succès entre la moitie du Quattrocento et le début du XVIème siècle.

      

    Les exemples sont nombreux : elle peut être peinte sur le rebord de l’image, elle peut être intégrée dans la composition ou elle peut aussi être posée à même la surface du tableau.

    Il est difficile de clore la liste des mouches, le motif n’est pas d’origine florentine même si Vasari me prétend. Il provient plus vraisemblablement du Nord, des Flandres, de l’Allemagne ou de l’Italie du Nord.

     

     

    Giovanni Santi, Le Christ de Pitié, 1480.Giovanni Santi, Le Christ de Pitié, 1480.

     

     

     

     

    Jean Monneret, L’ombre des vanités, 1993

     

     Le langage de la mouche de beauté était fonction de son emplacement, saurez-vous découvrir ce langage ?
    Où se trouve la passionnée, la galante, la coquette, l’enjouée ?


    joconde-avec-mouches



    Solution

      


    mouches

    Si l'usage des mouches de beauté était déjà connu au XVIIème siècle et faisait l'objet d’un langage bien précis, c'est au XVIIIème siècle qu'elles vont devenir les symboles de la parure.

     gif-flower-

    • Elles portaient toutes des noms :

    • Près de l'œil, elle se nomme assassine ou passionnée.
      Au coin de la bouche, c'est la baiseuse.
      Sous la lèvre, elle devient friponne ou coquette.
      Sur le nez, effrontée ou gaillarde.
      Sur le front, la majestueuse
      Sur la joue, c'est la galante.
      Sur une ride, dans le creux du sourire, elle est enjouée.
      Sur la poitrine, c'est la généreuse.
      Sur un bouton, la receleuse.
      Ou bien sur le menton, ne serait-ce point la discrète ?
    •  

    gif-flower-  

      

    Cette mode disparaitra à la fin du XVIIIème siècle.

      

    Il faudra attendre un bon siècle pour que cette mode soit à nouveau en vigueur.  Dans les années trente, l’emplacement favori est le coin de l’œil droit, les spécialistes du maquillage les vendent en boîtes.  

      

    On les fixe en humectant la partie encollée.   Nous sommes à l’ère de la mouche autocollante.Les adeptes du piercing n’ont rien inventés avec la “médusa” et la “Madonna” qui agrémentent la lèvre supérieure.

     

     

     

    G. de La Tour, Le Vielleur, vers 1631-1636, Nantes.

     

     

     

      

      

      

    http://biblogotheque.wordpress.com/2010/10/10/arrete-de-prendre-la-mouche-histoire-de-la-mouche-peinte-premiere-partie/

     

     

     

     

     

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