• Jean-Baptiste GREUZE

     

    La dame au bonnet blanc

     

    Jean-Baptiste Greuze

     

     

    Peintre français (Tournus, Saône-et-Loire, 1725 – Paris 1805).

    On sait qu'il fit ses études à Lyon, chez Grandon (peintre de la ville de Lyon de 1749 à 1762) et qu'il se rendit à Paris vers 1750. C'est probablement de cette époque que date le Saint François de l'église de la Madeleine à Tournus.

     

     

      Self-Portrait 1 by Jean Baptiste Greuze

      

      

    Protégé de Sylvestre, il est l'élève de Natoire à l'Académie, mais ne s'engage pas dans la voie officielle du prix de Rome et de la carrière académique.

      

    Il est cependant agréé en 1755 et peut envoyer au Salon le Père de famille qui lit la Bible à ses enfants (acheté par Lalive de Jully), son portrait de Sylvestre et d'autres tableautins quelque peu galants.

      

     

    La critique accueille avec enthousiasme ce qui fait son originalité au milieu du siècle et qui restera une constante dans son œuvre :

    scènes familiales d'une intention morale évidente où la pointe de galanterie se transformera en une sensualité plus osée.

     

      

      

      

    Dès ses débuts, Greuze apparaît donc comme un observateur attentif, disciple des Hollandais, ayant comme eux le goût du sujet, avec en plus une

    " âme délicate et sensible " (Diderot).

     

     

       Jean Baptiste Greuze, Tête de Juenne Garçon

     

      

    En septembre 1755, l'abbé Gougenot, conseiller au Grand Conseil, l'emmène à Naples, puis à Rome, où Greuze passe un an env.

      

    De ce séjour en Italie, il retient le pittoresque (tableaux exposés au Salon de 1757 :

      

      

    Un oiseleur qui au retour de la chasse accorde sa guitare, dit " le Guitariste napolitain ", musée de Varsovie ;

      

    la Paresseuse italienne, Hartford, Wadsworth Atheneum ;

     

     

    483px-Jean-Baptiste Greuze 001

      

      

    les Œufs cassés, Metropolitan Museum ; le Geste napolitain, musée de Worcester), mais ne semble pas préoccupé par la vogue de l'antique (c'est l'époque de la publication des Antiquités romaines de Piranèse, qu'achètent son ami Gougenot ou Barthélemy), ni par l'enthousiasme préromantique de Fragonard ou de Robert pour les ruines et les paysages italiens.

     

     

    L'oiseau mort

     

      

    C'est tout au plus l'expression des figures des Bolonais du XVIIe s. qu'il se rappellera : il inaugure alors un genre nouveau

     

    (Une jeune fille qui pleure son oiseau mort, 1765, Édimbourg, N. G.), dont l'ambiguïté va plaire au public.

     

     

     

     

    (Avec l'Accordée de village (Salon de 1761, Louvre),

      

      

      

    Greuze ouvre une nouvelle voie, celle de la peinture de genre traitée avec les ressources de la peinture d'histoire, qui prête aux acteurs l'expression de leurs sentiments.

      

    Ce fut un triomphe, que continuèrent la Piété filiale (1763, Ermitage)

    et la Mère bien-aimée (1765).

     

     

      

    Pendant cette période, Greuze se souvient de Jan Steen dans l'anecdote, mais veut aussi trouver la " grande idée " que réclame Diderot :

      

    c'est L'empereur Sévère reproche à Caracalla, son fils, d'avoir voulu l'assassiner (1769, Louvre) qui provoque les plus vives réactions du public et de l'Académie, qui le reçoit comme peintre de genre et d'histoire.

     

     

    Et pourtant, dans la carrière de l'artiste, l'œuvre marque une étape importante, car le sujet, qu'il veut recherché (il avait songé à Éponine et Sabinus, dessin de 1768, musée de Chaumont, où le geste de Vespasien sera repris dans le tableau final), est emprunté à la version de Dion Cassius par Coeffeteau.

      

     

      

      

    D'autre part, Greuze fait de nombreux dessins pour ces figures d'après l'antique (Papinien, 1768, Louvre ; Caracalla, 1768, musée de Bayonne ; et la figure de la Fortune d'après le Grand Cabinet romain de Michel-Ange de La Chaussée, de 1706) ou d'après nature, et il y révèle une grande sensibilité (Bustes de Septime Sévère, 1768, Paris, E. N. B. A.).

     

     

      

     

      

    Ce tableau est à situer entre la Marchande d'amours de Vien (1763) et les Horaces (1784) de David.

      

    On pense là moins au Greuze moralisant qu'à l'influence de Poussin, que Saint-Aubin évoquait à propos du dessin de la Mort d'un père regretté par ses enfants (Strasbourg) ;

      

      

    la composition rappelle, en effet, celle du Germanicus, et, par là, Greuze, comme presque tous les artistes français, sauf Vien et Prud'hon peut-être, se montre moins " néo-classique " que " néo-poussiniste " ;

      

    le tableau a déjà tous les traits du mouvement que va illustrer

    David dans la Mort de Socrate de 1787.

     

     

      

      

    L'austérité et la précision qu'il a acquises de 1767 à 1769 en travaillant la peinture d'histoire, Greuze va les introduire dans sa peinture moralisante : d'où une série plus austère, où le coloris s'assombrit, le geste se fait plus digne et une certaine tension passe dans l'expression et l'attitude, quoique le drame ne soit que bourgeois (le Gâteau des rois, 1774, musée de Montpellier ;

      

      

      

      

    la Dame de charité, 1775, musée de Lyon ; la Malédiction paternelle et le Fils puni, 1777-78, Louvre, et le Retour de l'ivrogne, musée de Portland, Oregon).

      

    Le succès en est complet (l'auteur, d'ailleurs, se sert de la presse pour sa propagande), de même que celui de la Cruche cassée (Louvre). Et si la cour de Russie raffole de son art, Greuze aura en France de nombreux imitateurs

    (Bounieu, Aubry, Bilcoq, G. M. Kraus).

     

     

      

      

    Mais sa peinture de genre, qui oscille entre celle de Chardin et celle d'un Hogarth dépourvu de sarcasme, commence à lasser l'opinion v. 1780

    (Mémoires de Bachaumont) et il s'attache surtout au portrait.

      

      

    Dès le début de sa carrière, il se montre aussi fin qu'un La Tour, avec un sentiment du réel qui rappelle davantage Chardin (George Gougenot de Croissy, v. 1756, Bruxelles, M. R. B. A.) et permet de penser à une influence de Rembrandt

    (Joseph, modèle de l'Académie royale, 1755, Louvre).

     

     

     

      

    C'est la même franchise que l'on retrouve dans les séries de dessins de l'Ermitage et du Louvre (d'autres dessins sont conservés au musée de Tournus, au musée Bonnat de Bayonne, grâce au legs Petit Hory, ainsi qu'à l'Albertina et au British Museum) autant que dans ses meilleurs portraits (Babuti, Paris, coll. David-Weill ; Wille, 1763, Paris, musée Jacquemart-André ; Watelet, Louvre).

      

    Une importante exposition Greuze a été organisée en 1976-77 (Hartford, San Francisco, Dijon).

     

      

     

     

      

    Il reçut pour cette occasion le soutien du portraitiste Grandon, tellement convaincu de ses talents qu'il lui proposa de devenir gratuitement son élève.

      

    En 1750, il l'accompagna à Paris pour parfaire sa formation. Très influencé par les maîtres hollandais, il fut toutefois en conflit fréquent avec l'Académie royale, et notamment avec le peintre Natoire.

     

     

      

    Son inspiration est en accord avec la sensibilité de l'époque, fortement marquée par les idées de Rousseau: sa peinture, sentimentale et édifiante

    ("Un père de famille expliquant la Bible à ses enfants") vire parfois au pathétisme moralisateur ("Le mauvais fils puni").

      

      

    Il sera par ailleurs vivement critiqué pour le terne de ses couleurs, et ses scènes familiales, qui empruntaient leur grandiloquence gestuelle à la peinture d'histoire, furent souvent mal comprises.

      

    Greuze fut aussi un excellent portraitiste, spécialisé dans les visages d'enfants et de jeunes filles dont l'expression innocente est parfois équivoque ("La cruche cassée").

      

      

    Diversement apprécié, Greuze a incontestablement créé son propre style, et s'offrit le luxe de peindre jusqu'en 1769 en dehors des règles prescrites par l'Académie.

     

    Une peinture édifiante

      

    Son père le destinait à l'architecture. Il obtint de parfaire ses dons de dessinateur dans l'atelier du peintre lyonnais Grandon, et monta à Paris vers 1750.

      

    On y connaît mal ses débuts. Jeune provincial, inconnu et ombrageux, il ne se fixa dans aucun atelier, mais dessinait le modèle à l'Académie.

      

    Il eut la chance d'être remarqué par La Live de Jully, un riche amateur curieux de talents neufs. Greuze avait déjà peint son Père de famille expliquant la Bible à ses enfants ; cette peinture séduisit La Live qui l'exposa chez lui, la vanta partout et rendit vite célèbre son auteur.

      

      

    En prenant pour thème cette scène édifiante, qui contrastait si fort avec l'hédonisme rococo, Greuze rencontrait à point le goût tout neuf pour la morale du sentiment ; aussi une bonne part de ses inventions seront-elles vouées à illustrer les délices de la vertu.

      

    La faveur qui accueille sa Mère bien-aimée ou sa Dame de charité marque l'avènement en peinture d'un genre sentimental et prédicant qui survivra jusqu'à la fin du siècle suivant, et dont le « réalisme socialiste » produit encore des avatars.

      

    Cette peinture didactique doit son succès à l'essor d'une mentalité bourgeoise qui n'épargne pas la classe noble.

     

    Les références littéraires de cet art édifiant furent d'abord anglaises : « best seller » s'il en fut, Pamela, que Richardson sous-titra Virtue Rewarded (La Vertu récompensée), révéla les ressources romanesques d'une émotivité raffinée qui ne tarde pas à engendrer […]

     

     

     

       

     

    sources :

    http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Greuze/139023

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Lydia
    Lundi 12 Décembre 2016 à 06:01

     

    Bonjour, ce serais pour savoir si vous avez savez quelconques informations sur la peinture en bas du texte "Dès ses débuts, Greuze apparaît donc comme un observateur attentif, disciple des Hollandais, ayant comme eux le goût du sujet, avec en plus une " âme délicate et sensible " (Diderot)." car elle a l'air assez rare, je ne la trouve nulle part sur le web. :/ Pouvez-vous me dire où vous avez déniché la photo de cette peinture ? Et également me dire si vous savez quelques informations comme par exemple si la personne a existé, en quel année a été réalisé cette peinture etc..

    Cordialement.

     

     

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