• Jean-Auguste-Dominique INGRES

     

    Le Portrait de Jean-Auguste-Dominique Ingres (d’après un original d’Ingres peint en 1804),

    AUTOPORTRAIT 1804

     

    Julie Forestier s’était fiancée à Ingres en 1806, quelques mois avant le départ du peintre pour l’Italie où ce dernier devait enfin rejoindre l’Académie de France, conséquence attendue de son Grand Prix de Rome remporté en 1801.

      

    Peintre elle-même, élève de Jean-Baptiste Debret, elle exposa plusieurs fois au Salon mais ce tableau est à ce jour le seul témoignage connu de son talent. La jeune fille figure debout, les doigts sur un clavecin, au centre du portrait dessiné qu’Ingres fit de sa famille en 1806 (Musée du Louvre et réplique à Montauban).

     

     

    C’est à la demande d’Ingres lui-même que sa fiancée réalisa cette copie d’après l’autoportrait qu’il avait peint en 1804 et présenté au Salon en 1806.

    Madame de Sennones

    L’artiste souhaitait qu’elle puisse l’offrir ensuite à ses parents qui « lui en rendrait mille grâces» .

     

      

    Ainsi l’œuvre fut envoyée à Joseph Ingres, le père de l’artiste, en juillet 1807, au moment même où Ingres annonçait par lettre son intention de rompre ses fiançailles.

     

    Ce qui ne devait être au départ qu’un petit croquis se révèle en fait la meilleure copie que l’on connaisse de cet autoportrait d’Ingres, maintes fois repris par ses élèves mais jamais avec autant de talent.

     

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    Peintre célèbre- Jean Auguste Dominique Ingres

     

    Jean Auguste Dominique Ingres

    La Grande Baigneuse ou Baigneuse de Valpinçon - 1808

      

    C'est en 1801, à 21 ans, que Jean-Auguste-Dominique Ingres gagne le Grand prix de Rome. Mais à cause du mauvais état des finances de l’Etat, il ne peut se rendre dans la Ville éternelle que six ans plus tard.        

      

    A la fin de la première année de son séjour romain, il envoie à Paris La Baigneuse – dite La Baigneuse de Valpinçon, du nom d’un ancien possesseur –.

      

    Rappelons que les pensionnaires de l’Académie de France, pour quatre ans à Rome, sont obligés d’envoyer régulièrement une œuvre à Paris pour que l’Académie juge des progrès, tant techniques que thématiques, faits au contact des œuvres immortelles de l’Antiquité et de la Renaissance, en ayant bien soin d’éviter celles du Moyen-Age.  

      

        

    Dès ce premier envoi, Ingres fait preuve d’une certaine liberté de ton. Il abandonne pour un temps les thèmes majestueux issus de la mythologie (tel le tableau qui lui a permis de gagner le Grand Prix : Achille recevant les Ambassadeurs d’Agamemnon), pour montrer un simple nu féminin dans l’intérieur suave d’un bain.  

     

      

           Jean-Auguste-Dominique Ingres
    (29 août 1780 Montauban - 14 janvier 1867 Paris)

    Il est bien ici question de sensualité.

      

      

    Même si le modèle a prudemment tourné le dos au spectateur, tout semble pourtant inviter celui-ci à s'approcher : avant tout, le grand rideau vert sur la gauche, qui paraît venir de dévoiler le corps dans sa plus stricte intimité ; mais aussi la pose nonchalante du modèle qui semble perdu dans ses pensées profondes

     

    Le Martyre de Saint Symphorien, - Jean-Auguste-Dominique Ingres

      

      

    (une introversion que l'on se plaît à croire due aux vapeurs moelleuses du bain) et surtout la chair dorée et satinée offerte au regard qui se réjouit de glisser sur cette nuque et cette épaule chaudes, puis entre les deux omoplates jusqu'au bassin potelé et le long de la jambe vers le doux petit pied auprès duquel on découvre la mule rouge.

      

     

      

     

      

    Et ensuite remonter par le même sillon pour pouvoir descendre cette fois-ci le long de ce merveilleux bras jusqu'à la main, dont on n'aperçoit que le petit doigt, négligemment posée sur le divan, lui-même incitation à la paresse la plus exquise...        

      

    On pourra s’étonner qu’Ingres choisisse ce thème pour son premier envoi. En effet, il ne fait aucune références (ou très peu) à l’Antique, époque bénite entre toutes, au cours de laquelle le nu majestueux pouvait se montrer sans sous-entendu grivoix. Avec cette Baigneuse, il apparaît tout d’abord que l’artiste tente de défier les juges de l’Académie et surtout son maître, le grand David.

      

    Celui-ci règne alors incontestablement sur les arts français.

     

      

     

    Pour pouvoir représenter une jeune fille nue, Ingres a eu recours à un subterfuge : donner à son tableau un titre allégorique. Sinon, gare à la censure !


    C'est en 1820 qu'Ingres ébauche cette oeuvre, lors d'un séjour qu'il effectue à Florence. Il la met ensuite de côté et ne la reprend qu'en 1855 pour l'achever un an plus tard. Il a demandé à deux de ses élèves de l'aider, ce qui arrivait souvent à l'époque pour des toiles de ce format. Le paysagiste Alexandre Desgoffe se charge des rochers et de la végétation, Paul Balze, connu pour ses peintures...

     

     

    Durant la Révolution il a repris en main le monde de l’art après les « égarements » sensuels de la peinture au XVIIIe siècle, signes d’une société, la noblesse de l’Ancien Régime, en pleine décadence.        

      

    Le jeune Ingres, en qui de nombreux espoirs sont misés (on est pas impunément premier Grand Prix de Rome), oserait-il renier l’enseignement de son maître et choisir de verser dans cette peinture honnie ?        

      

    Ce n’est bien sûr pas exactement le cas. Il est vrai qu’Ingres cherche déjà à se détacher de la peinture sévère de David, pour trouver sa propre voie. Mais, d'une part, la sensualité dont il fait ici preuve, n'a rien à voir avec celle des peintres du siècle précédent.

      

    Dans ce tableau, il s'agit de ce que j'aurais envie d'appeler une sensualité plus réservée, retenue. Le peintre ne fait pas dans le délire de la chair rosée et sucrée dont le seul but est l'excitation des sens. La peau n'est pas un sucre d'orge sans pour autant être de la porcelaine de Sèvres. elle apparaît comme réelle, douce, réagissant avec complaisance aux caresses de la lumière.

      

    Une peau qui ne propose pas plus qu'elle ne saurait offrir.        

      

    D'autre part, il faut se remémorer la situation de la France dans les premières années du XIXe siècle. Si, en effet, de part sa position officielle, David est toujours le gardien du bon goût, la période d’un art révolutionnaire et rigide est de toute évidence terminée. Dans ces années d’Empire, la nouvelle haute société recherche d’autres œuvres que les grandes machines néo-classiques.

     

      Ingres, Louise de Broglie

     

    Après les terreurs de la Révolution, on désire quelque chose de plus délicat, des tableaux qui disent un renouveau des joies de vivre, desquelles s'exprime un certain érotisme (un mouvement auquel David lui-même n’est pas complètement étranger, d’ailleurs). Dans ce cas, Ingres peut envoyer sa Baigneuse à Paris, il sait qu’il touchera une corde sensible.        

      

    Par ailleurs, cette Baigneuse est-elle si étrangère que cela à la thématique antique ?

    Qu’est-ce qui nous fait croire que cette jeune femme est une contemporaine ? Il n’y a aucun détail qui nous permettent de l’avancer avec certitude. Grâce à un décor réduit au minimum, l’artiste fait disparaître toutes notions du temps. Les détails vraiment reconnaissables (les broderies, la petite mule rouge, le jet d’eau à tête de lion) ne nous permettent pas d’assurer une datation.

      

    La jeune femme peut alors tout aussi bien être une femme du premier Empire français ou une de ces riches patriciennes de l’empire romain. De plus, la mode parisienne du début du siècle s'inspire largement des formes antiques et notamment de celles que l'on découvre régulièrement dans les excavations de Pompéi et d’Herculanum.

      

    Ceci permet encore plus l’amalgame des époques.  

    La Baigneuse  fait ainsi le pont entre deux empires, dont l’un est le reflet de l’autre.

     Elle met les deux périodes au même niveau.

      Ingres, Vierge Marie
    Ingres, Vierge Marie

    Elle saura flatter les juges de l’Académie.       

    Plus encore, avec ce tableau, Ingres s’essaie dans un style, l’Orientalisme, qui fait à cette époque, après l’expédition d’Egypte, de plus en plus d’émules. En effet, grâce au même minimalisme dans le décor, l’artiste fait disparaître toute notion d’espace. Ainsi, on pourrait voir dans cette œuvre l’intérieur d’une villa parisienne du début du XIXe siècle ou romaine du Ier siècle de notre ère ou encore athénienne du VIe siècle av. J.C., mais ce pourrait tout aussi bien être un intérieur intemporel de cet Orient que l’on découvre et qui fait rêver.

     

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    Peintre célèbre- Jean Auguste Dominique Ingres 

     

    La petite  Baigneuse ou Intérieur de harem

     

    Vingt ans plus tard, le célèbre dos de la Baigneuse Valpinçon réapparaît dans une toile d'Ingres. Ce ne sera pas la dernière fois, car on le reverra encore en 1863, dans Le Bain turc.

     

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    Peintre célèbre- Jean Auguste Dominique Ingres

     

    Oedipe et le Sphinx (1808)

    Oedipe explique l'énigme du sphinx

     

    Le triomphe d'un homme sur un monstre

     

    Dans un paysage rocheux et escarpé, Oedipe, personnage de la mythologie grecque, est nu, de profil, face au sphinx. Ce monstre, au visage et au buste de femme, au corps de lion et aux ailes d'oiseau, s'est placé dans l'ombre d'une grotte.

      

    Oedipe donne la solution de l'énigme que le sphinx lui a posée comme à tout voyageur passant dans cet endroit de la région de Thèbes. Lorsque le monstre lui demanda : "Quel est l'être doué de la voix qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ?",

    Oedipe répondit qu'il s'agit de l'Homme puisque, enfant, il marche à quatre pattes, adulte, il marche sur ses deux jambes, et, vieux, il s'aide d'une canne. Au bas du tableau, un pied coupé et des ossements humains évoquent les voyageurs précédents qui ont péri après avoir échoué à répondre. Au fond, un compagnon d'Oedipe épouvanté s'enfuit.

      

    On devine plus loin encore des constructions de la ville de Thèbes. Le thème de l'oeuvre est celui du triomphe de l'intelligence et de la beauté humaine. Cette scène est aussi celle de l'homme face à son destin puisque l'exploit d'Oedipe l'amène à devenir roi de Thèbes et à épouser sa mère Jocaste, comme l'oracle l'avait annoncé à sa naissance.

    Si, depuis la fin de l'Antiquité jusqu'à Ingres, ce sujet avait été rarement traité, en revanche au XIXe siècle, il passionna de nombreux artistes, notamment Gustave Moreau (1826-1898).

     

    Un "envoi de Rome" devenu un tableau d'histoire

    L'oeuvre constitua en 1808 le premier "envoi de Rome" d'Ingres. C'était alors simplement une étude de figure (une "académie") comme devait en faire tout pensionnaire de l'académie de France à Rome. Elle fut envoyée à Paris avec La Baigneuse Valpinçon (Paris, musée du Louvre) pour y être soumise au jugement des membres de l'Institut. Ceux-ci critiquèrent le modelé peu appuyé, le clair-obscur trop faible d'Oedipe. En 1827, Ingres reprit cette étude pour en faire un tableau d'histoire qu'il voulait exposer au Salon. Il élargit la toile de trois côtés pour agrandir la figure du Sphinx et ajouter celle du compagnon du voyageur à l'arrière-plan.

    Harmonie géométrique et archaïsme

    Comme le règlement de l'Institut le demandait, Ingres a peint son étude de figure d'après un modèle vivant. Il fit poser celui-ci dans l'attitude de la statue antique Hermès à la sandale (Paris, musée du Louvre). Cette pose met en valeur les muscles du corps du modèle, sa force, sa détermination. Son corps, ses membres et les javelots qu'il tient dessinent des formes géométriques harmonieuses. La netteté des contours, l'emploi réduit du clair-obscur et le léger modelé de surface utilisé pour la figure d'Oedipe confèrent un aspect archaïque au tableau.

    Cet archaïsme trouvait sa source dans le goût d'Ingres pour les vases grecs.

      

    Outre ses nombreuses peintures décoratives, ou encore ses cartons de vitraux pour la chapelle royale de Dreux, les portraits d’Ingres marquent particulièrement l’évolution du genre. Ses qualités de dessinateur et son acuité psychologique alliées à la précision du trait en font en effet un portraitiste de grand talent. M. Bertin (1832, musée du Louvre, Paris), Mme Moitessier (1851, National Gallery of Art, Washington) et la Comtesse d’Haussonville (1845, Frick Collection, New York) sont à cet égard des exemples très représentatifs. Davantage que la représentation fidèle du modèle, c’est le trait distinctif qu’il recherche et sur lequel il met l’accent.
    La vieillesse n’entame en rien la productivité d’Ingres, qui livre, à l’âge de quatre-vingt-deux ans, le célèbre Bain turc (1862, musée du Louvre, Paris), sommet de sa maîtrise du nu féminin. À sa mort en 1867, il lègue la majeure partie de son œuvre à la ville de Montauban qui crée le musée Ingres.

    Par-delà son appartenance au mouvement néoclassique qui parfois ne le reconnaît pas, Ingres est plus difficilement classable que ne l’ont cru ses contemporains. Il est en réalité l’initiateur d’un courant artistique dont les répercussions dépassent de beaucoup son siècle et que l’on a nommé après lui l’ingrisme. De nombreux artistes, parmi lesquels Edgar Degas et Pierre-Auguste Renoir dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis Henri Matisse et Pablo Picasso au XXe siècle, se sont réclamé en effet de son œuvre. "Ingres" © Sources utilisées : Encarta et Wikipedia

     

      

    La transformation de la toile en 1827 a atténué ce caractère archaïque de la composition et lui a donné une apparence plus moderne, sinon romantique.

      

    Ingres a alors rendu certaines parties plus sombres et peint le personnage ajouté avec une expression d'effroi.

     

     

     

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    Le détail du carrick gris jeté sur l’épaule de l’artiste est peint avec une virtuosité certaine tout comme le visage d’Ingres dont sa fiancée n’hésite pas à adoucir les traits, lui donnant une vie et une chaleur qu’il n’a pas sur l’original conservé au Château de Chantilly et plusieurs fois modifié par Ingres, tentant d’améliorer la pose, ou de modifier le vêtement.

     

     

    C’est donc bien d’une copie historique qu’il s’agit : elle documente un épisode de la vie sentimentale du peintre et témoigne d’un état disparu du tableau dont la seule trace connue jusqu’ici était une photographie de Charles Marville qui, à l’examen, nous semble plutôt être un cliché de la peinture de Julie Forestier .

     

    Après quelques tribulations mystérieuses, le tableau eût d’illustres propriétaires à la fin du XIX° siècle où on le retrouve chez Degas puis chez le grand ingriste Henry Lapauze. Il fut exposé à New-York, Washington et Londres en 1999 pour évoquer l’autoportrait conservé à Chantilly qui lui ne peut jamais être prêté en raison des clauses particulières régissant les collections de ce musée, ancienne propriété du Duc d’Aumale.
     

    A Montauban, il vient renforcer l’évocation de la jeunesse du peintre aux côtés des académies d’homme ou des portraits de ses amis.

     

     

     

    File:IngresJupiterAndThetis.jpg

    1811

     

    Jean-Auguste-Dominique Ingres

     

    Jean-Auguste-Dominique Ingres, né le 29 août 1780 à Montauban et mort le 14 janvier 1867 à Paris[1], est un peintre français néo-classique du XIXe siècle.

     

     

     

      

      

    Son père, Jean-Marie-Joseph Ingres, peintre et sculpteur, a favorisé ses penchants artistiques. I

    l est formé à l’Académie de Toulouse où il entre à l’âge de 11 ans, puis se rend à Paris, en 1796, pour étudier sous la direction de David. Il s’éloigne de son classicisme par son dévouement à un idéal de beauté fondé sur de difficiles harmonies de lignes et de couleurs.

      

    Portrait of Joseph-Antoine Moltedo 1810
    The Metropolitan Museum of Art, New York, N.Y, United States Of America
    Oil on canvas

      

    Il peint le portrait d'amis ainsi que de Pierre-François Bernier, qu'il connaît de Montauban.

      

    Il remporte le Prix de Rome en 1801 au cours de sa deuxième tentative, avec Les Ambassadeurs d'Agamemnon. En juin 1806, il se fiance[2] avec Marie-Anne-Julie Forestier.

     

     

    File:Ingres broglie.jpg

     

    Louise de Broglie, Comtesse d’Haussonville. 1845

     

    En 1806, Ingres découvre à Rome Raphaël et le Quattrocento, qui marquent définitivement son style. Ces années de travail sont les plus fécondes avec les nus, parmi lesquels La Baigneuse, les paysages, les dessins, les portraits et les compositions historiques.

     

     

    Ingres, Madame Antonia Devaucay de Nittis, 1807, Musée Conde, Chantilly

      

    Ingres, Françoise Poncelle, Madame Leblanc, 1823, Metropolitan Museum of Art,
    New York

    Ingres fait ce portrait dans la ligne de ses portraits des grandes dames de l'aristocratie française. Nous pouvons le mettre en relation directe Devauçay Madame , Madame de Senonnes ou autrement. Ingres doivent se sentir particulièrement fier de cette photo, depuis dix ans après sa peinture en 1834, il a présenté le Salon officiel à Paris.

      

    the Countess of Tournon

      

      

    Cette image a reçu certains des critiques les plus cruelles et répétées de sa peinture. Souligné l'absence de l'académisme d'Ingres aux déformations corps subtil des femmes, encore une beauté poignante produire un effet.

      

      

      

    Dans les mots de la critique Vergnaud, le chiffre était "un monstre, dont la tête est trop court, dont les yeux semblent sauter hors de la face, dont les doigts sont gras comme les saucisses."  Nous ne pouvons nier aucune de ces allégations. En outre, Ingres en fonction de leur méthode de travail et leur a estimé que l'effet global a été supérieure à ces «défauts». Pour les atteindre, semble être celle utilisée miroirs courbes pour montrer les parties qui l'intéressent.

      

    Peintre célèbre- Jean Auguste Dominique Ingres

     

    Vénus Anadyomène

     

    La Vénus Anadyomène est un tableau qui illustre la naissance de Vénus et plus particulièrement Vénus sortie des eaux. Peint par Jean-Auguste-Dominique Ingres

    Le tableau commencé à Rome en 1808, alors que le peintre est pensionnaire de l'Académie de France à Rome.

      

      

      

    Il ne se résout pas à l'envoyer à Paris et le laisse à l'état d'ébauche. Il n'est achevé que quarante ans plus tard en 1848 à Paris, à la demande de Benjamin Delessert. Ce dernier n'apprécie pas le tableau car il trouve le genou mal dessiné. Il le vend la même année à Frédéric Reiset, qui est alors le conservateur des dessins du musée du Louvre.

    Le Duc d'Orléans

      

    L'œuvre est présentée à l'Exposition universelle de 1855. Il est acheté par le duc d'Aumale avec l'ensemble de la collection Reiset en 1879.

     

     

     

    Les premiers dessins représentent Vénus couchée puis agenouillée, puis enfin debout mais en position pudique, cachant son sexe et un sein. Sa position est inspiré de la Naissance de Vénus de Sandro Botticelli, qu'Ingres a peut-être vu lors de son passage à Florence en 1805, au musée des Offices.

      

      

      

    Un dernier dessin, daté de 1806, la représente avec les bras levés se tenant les cheveux. Lors de la reprise du tableau en 1848, Ingres apporte de profondes modifications dans ses couleurs.

    D'après Charles Baudelaire, qui contemple le tableau lors de l'exposition universelle, la tête est inspirée des modèles antiques, les mains de Raphaël et le torse étroit de la statuaire médiévale.

    Le tableau d'Ingres inspira plusieurs autres représentations de Vénus, notamment celles de William Bouguereau (1879) et de Théodore Chassériau (Vénus marine, 1838). Ingres reprit la posture de sa Vénus pour un autre de ses nus, La Source en 1856.

      

      

    il est en pleine possession de son art et son séjour à Rome est aussi l'occasion de tisser des liens amicaux avec les grands commis de l'administration impériale : le comte de Tournon et sa mère, Edmé Bochet et sa sœur Cécile Bochet madame Henry Panckoucke, Hippolyte-François Devillers, le baron de Montbreton de Norvins, ....

     

     

    File:Jean auguste dominique ingres princesse albert de broglie.jpg

     

    Portrait de la Princesse Albert de Broglie, 1853, Metropolitan Museum of Art, New York.

     

    En France, cependant, ses toiles peintes en Italie ne plaisent pas.

      

      

    L’artiste décide alors de rester à Rome.

      

    Il se marie en 1813 avec Madeleine Chapelle (1782-1849), une jeune modiste habitant Guéret.

      

      

     

      

    Ingres réalisa 10 portraits de sa femme.

     

    Peintre célèbre- Jean Auguste Dominique Ingres

    Le Bain Turc-1862

      

    Mais le plus célèbre tableau sur lequel elle apparait est Le Bain turc.

      

    Madeleine est l'odalisque aux bras levés qui s'étire au premier plan.

    Le tableau a été réalisé en 1862 après le décès de Madeleine.

    Elle fut peinte d'après un croquis qu'Ingres avait réalisé en 1818.

      

    Le Bain turc est un tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Cette œuvre présente une foule de femmes nues dans un harem. Le contenu érotique du tableau ne provoqua pas de scandale - contrairement au Déjeuner sur l'herbe de Manet (1863) - car il demeura longtemps dans des collections privées.

    C'est un vieillard de 82 ans qui signe ce tableau érotique en 1862 non sans une certaine malice, puisqu'il inscrit avec fierté AETATIS LXXXII (à l'âge de quatre-vingt deux ans). Quelques années plus tard - en 1867 - il déclare d'ailleurs qu'il ressent toujours «tout le feu d'un homme de trente ans». Rectangulaire à l’origine, ce n'est qu’en 1863 que le peintre lui donne la forme d’un tondon

    Pour réaliser ce tableau, Ingres n'a recours à aucun modèle, mais s'inspire des nombreux croquis et tableaux qu'il a réalisés au cours de sa carrière. On retrouve ainsi des figures de Baigneuses et d'Odalisques qu'il dessinait ou peignait le plus souvent seules, sur un lit ou au bord d'un bassin. La figure la plus connue recopiée dans le tableau est La Baigneuse de Valpinçon, qui est reprise quasiment à l'identique et constitue l'élément central de la composition.

      

    De même, l'odalisque aux bras levés qui s'étire au premier plan fut peinte d'après un croquis représentant la femme de l'artiste - Madeleine Chapelle (1782-1849) - réalisé en 1818. L'épaule droite de cette dernière est abaissée, alors que son bras est relevé, incohérence anatomique dont l'artiste est coutumier (cf les trois vertèbres supplémentaires de La Grande Odalisque). Les autres corps sont juxtaposés dans différents plans, aucun regard ne se croisant.

      

    L'Atelier d'Ingres à Rome en 1818

    Atelier d'Ingres à ROME 1818  ( peinture de Jean Alaux
    (1786 - 1864)

     

    "En plus de son indiscutable qualité plastique, le tableau d'Alaux constitue un document assez exceptionnel sur la vie privée d'Ingres, son couple, son intérieur, son activité picturale :

      

    l'artiste est représenté dans son petit atelier de l'avenue Gregoriana, à Rome s'octroyant un instant de détente en se préparant à jouer du violon.

     

     

    Ingres, Madeleine Chapelle, Madame Ingres, 1814, Musée Ingres, Montauban

      

      

     

     

     

     

      

    La présence de Madeleine et d'un adorable petit chaton accentue le caractère intime du tableau et ses multiples détails apportent une note de réalisme qui s'apparente au reportage..."

      

    article de Mr Georges Vigne

     

    File:Ingres, Madame Riviere.jpg

     

    Madame Rivière 1805

     

    À la chute de Napoléon Ier, des difficultés économiques et familiales l’entraînent dans une période assez misérable pendant laquelle il peint, avec acharnement, tout ce qu’on lui commande. Il sollicite ses amitiés romaines et ses bonnes relations avec les Panckoucke et les Bochet lui font rencontrer Charles Marcotte d'Argenteuil, ami d'Edouard Gatteaux, ami proche d'Ingres. Très vite, Charles Marcotte d'Argenteuil devient un proche du peintre, jusqu'à devenir un de ses principaux mécènes jusqu'à son décès en 1864.

     

    File:Jean Auguste Dominique Ingres, Portrait de Napoléon Bonaparte en premier consul.jpg

     

     

    Après la mort de Madeleine, ce dernier ira même jusqu'à lui présenter sa nièce, Delphine Ramel, qu'Ingres épousera le 15 avril 1852. De ce mariage, viendra la décision d'acheter la maison de Meung-sur-Loire avec son nouveau beau-frère Jean-François Guille, notaire et conseiller général du Loiret, où il se retirera tous les étés pour bénéficier de la douceur et de la lumière de la Loire.

    Nombre de membres de la famille Marcotte seront de fidèles acheteurs comme Philippe Marcotte de Quivières et ses frères Marcotte de Sainte-Marie et Marcotte de Genlis, le baron Charles Athanase Walckenaer, Alexandre Legentil et le baron Hubert Rohault de Fleury, tous deux initiateurs du projet de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, Cécile Bochet devenue madame Henry Panckoucke et baronne Morande-Forgeot, et le clan Ramel.

     

     

     

     

    Il trouve finalement le succès en France avec la présentation, lors du salon de 1824, du Vœu de Louis XIII, destiné à la cathédrale de Montauban. Il devient directeur de l’Académie de France à Rome de 1835 à 1840. Appelé, le 25 mai 1862, à faire partie du Sénat impérial, il y vota jusqu'à sa mort conformément aux vœux du pouvoi]. Il avait été fait grand officier de la Légion d'honneur (14 novembre 1855 ).

     

     

    File:Mathieu-Louis Molé.JPG

     

    Portrait du comte Louis-Mathieu Molé. 1834

     

     

    Ingres attache au dessin une grande importance et déclarait à ce sujet : « Une chose bien dessinée est toujours assez bien peinte.  La galerie de portraits réalistes qu’il laisse, constitue un miroir de la société bourgeoise de son temps, de l’esprit et des mœurs d’une classe à laquelle il appartient et dont il trace les vertus et les limites.

     

    Ingres s’intéresse beaucoup à la texture des vêtements et des étoffes (velours, soie, satin, cachemire…) qu’il intègre dans ses œuvres de façon à ce que la classe sociale du personnage représenté soit mise en valeur. Il s’inspire, à ses débuts, des techniques droites et raides de l’art grec, avant de se convertir à une approche des courbes et des drapés réalistes.

      

      

      

      

    Ingres aimait tellement les courbes qu’il rajouta quelques vertèbres à sa Grande Odalisque.

     

     

      

    OEUVRES

     

    Dominique Ingres est aussi violoniste et devient, durant un temps, deuxième violon à l’Orchestre du Capitole de Toulouse.

    De ce loisir naît l’expression « violon d’Ingres ». Ingres est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris (23e division)[6]. Suite à la volonté de l'artiste de léguer à sa ville natale une grande partie de ses dessins (4 500) ainsi que certains objets personnels, le Musée Ingres ouvre ses portes à la moitié du XIXe siècle dans l'enceinte de l'ancien palais épiscopal de Montauban ; Armand Cambon, Montalbanais élève d'Ingres, fut son exécuteur testamentaire et le premier conservateur du musée.».

     

     

     

    Torse d'homme - Jean-Auguste-Dominique Ingres

    1799

     

    Cette toile réalisée par Ingres alors encore en formation dans l’atelier de son célèbre maître : jacques Louis David, est difficilement datable. Ingres l’aurait peinte avant deux autres toiles du même genre conservées actuellement à Varsovie et aux Beaux Arts, en 1799.

    On sait cependant avec certitude que cette oeuvre fut réalisée dans l’atelier de son maître David. Peut-être cette toile fut-elle un exercice d’entraînement pour le peintre encore en formation, dans la perspective d’une participation aux épreuves du concours artistique dit de la « demi figure peinte ».

     

    Si ce tableau fut exécuté au format exigé pour le concours, il ne respecte pas la partie du règlement qui exige des candidats la réalisation d’un drapé ainsi que la présence de mains sur le tableau.

    Les traits du modèle qui posa pour cette toile sont identiques à ceux des deux figures peintes sur les deux académies qui sont présentées de part et d’autre du torse. Le jeune homme qui pose adopte la même attitude que Scipion peint par Ingres la même année.

    Vraisemblablement, le tableau d’Ingres fut envoyé au père d’Ingres en même temps que son premier tableau pour le prix de Rome et elle fut rapidement exposée publiquement à l’école de dessin, où l’autre académie vint le rejoindre plus tard.

     

    Ainsi, dès ses premiers essais, on put voir des œuvres d’Ingres dans sa ville natale et une partie de sa gloire locale, plus tard amplifiée par ses succès, vint de la possibilité d’y connaître ses travaux.

     

    Les amateurs d’Ingres reconnaissent dans cette œuvre précoce la qualité d’exécution de la toile mais aussi la délicatesse des teintes employées pour les carnations et le réalisme de la réalisation du corps du jeune homme.

     

     

     

     

     

    Portrait d'un jeune homme à la boucle d'oreille

    Portrait d'un jeune homme à la boucle d'oreille 1804

     

    Ce portrait figure parmi les oeuvres de jeunesse de l'artiste. L'identité du modèle reste encore aujourd'hui floue cependant quelques informations nous ont été transmises par le donateur : "La communauté d'en calcat a hérité d'un tableau d'Ingres et pense n'en pouvoir faire meilleur usage que de l'offrir au musée de Montauban ... un de nos pères m'a dit que l'anneau est celui des compagnons. Peut-être cela aidera-t-il à l'identification "

     

     

    Portrait de Jean-Marie-Joseph Ingres

    1804

     

     

    "Réalisé au cours d'un bref - et peut être d'un unique - séjour de Joseph Ingres auprès de son fils, à Paris, le tableau appartient à la première série de portraits peints de l'artiste, réalisée pendant les trois dernières années d'un séjour forcé dans la capitale. En effet, le départ pour Rome fut longtemps retardé pour des raisons financières dues aux campagnes militaires de Napoléon. (...)

     

    Le modèle de cette toile né à Toulouse en 1755 et mort à Montauban en 1814, eut une importance capitale dans la carrière de son fils. On pourrait presque le comparer au père de Mozart, par les sacrifices personnels engagés dans l'éducation d'un enfant plein de promesses, par la réelle supériorité du cadet sur l'aîné, par l'admiration presque aveugle que ce fils lui conserva toute sa vie durant. Joseph Ingres n'était pourtant pas un artiste brillant. Miniaturiste habile, dessinateur intéressant mais modeste, il fut un sculpteur assez médiocre et un peintre déplorable, heureusement connu par une seule toile, déposée par l'église de Villebrumier au musée Ingres.

     

    La ville de Montauban conserve encore la majorité de ses travaux de décorateur, à la préfecture, dans plusieurs hôtels particuliers, et surtout au musée Ingres dont il avait mis au goût du jour plusieurs salons, à l'époque ou le bâtiment était encore la résidence de l'évêque.
    (...)
    L'homme était aussi singulier que l'artiste : infidèle, inconstant, il avait fait le malheur de sa femme et par voie de conséquence celui de ses enfants, les abandonnant presque dans la misère pour vivre une vie de célibataire à Toulouse, où il s'était assez rapidement installé avec son aîné. (...)

     

    Le portrait reflète le caractère assez superficiel du personnage, bel homme plutôt satisfait de lui-même, sinon vaniteux, artiste trop localement reconnu. S'il nous est bien parvenu dans son état d'origine, son auteur semble avoir eu quelques remords tardifs quant à sa composition ; au moment où fut réalisé un recueil de ses oeuvres sous forme de gravure au trait, en 1851, il agrandit l'image, montrant son père jusqu'aux genoux, assis sur une chaise. Peut-être, comme certains l'ont pensé, la gravure dérive-t-elle d'un dessin perdu. (...)"

    George Vigne

     

     

    Autoportrait de Raphael

    Autoportrait de Raphael 1820 1824

    Parmi les sources d'inspiration et les modèles qui tout sa vie ont habité Ingres, Raphaël se situe en tête. Ingres, dans son Apothéose d'Homère le place parmi les antiques, alors référence artistique absolue du peintre.

     

    Dans son testament, Ingres stipula qu'il souhaitait que ce tableau figure entre les portraits de ses parents, ce qui fut longtemps le cas.

     

    Si des débats ont animé les historiens d'art spécialistes d'Ingres autour de la question de l'attribution ou non de cette oeuvre au maître, il semble bien que le tableau soit de sa main.

     

     

     

    Portrait de Jean-François Gilibert - Jean-Auguste-Dominique Ingres

    Portrait de Jean-François Gilibert 1804

     

     

    Jean-François Gilibert était un ami d'enfance d'Ingres avec lequel le peintre entretint une importante correspondance. Cet ami resté toute sa vie durant à Montauban permis à Ingres d'obtenir des nouvelles régulières de sa famille mais aussi de ses affaires dans sa ville d'origine.

     

    Gilibert posséda cette toile qui lui fut donnée par l'artiste mais aussi d'autres oeuvres dont l'étude peinte réalisée pour le Songe d'Ossian et un portrait dessiné de sa fille.

    Le tableau qui est un portrait de jeunesse de l'artiste n'a jamais été achevé. La veste est à peine brossée et la main du jeune homme est restée, elle, à l'état d'ébauche.

     

     

    L'Apothéose d'Homère : Tête de Boileau - Jean-Auguste-Dominique Ingres

    L'Apothéose d'Homère : Tête de Boileau  1827

    © musée Ingres, Montauban, photo G. Roumagnac

     

    Cette œuvre d’Ingres est une étude pour la tête de Boileau qui apparaît dans son grand tableau conservé au musée du Louvre L’Apothéose d’Homère.

    Pour portraiturer le poète, le peintre s’est inspiré de l’effigie peinte par Hyacinthe Rigaud (Versailles, musée national du Château).

     

    Mais afin de donner moins de sévérité à son personnage, Ingres a certainement voulu retravailler sa physionomie en réalisant une petite esquisse peinte. Ceci ne fut pas le cas pour ses représentations de Poussin ou de Molière, également présents dans L‘Apothéose d’Homère, et directement dérivées des célèbres tableaux de Poussin et de Mignard. Ainsi, la tête de Boileau, orientée différemment par rapport au tableau de Rigaud, a acquis plus de spontanéité et presque de l’humour.

     

    Il semble, au vu de cette esquisse, qu’un modèle ait posé devant le peintre. En effet, il n’a pas encore le costume du XVIIe siècle qu’il porte dans la grande toile du Louvre mais simplement une chemise ouverte. D’autre part, Ingres a clairement noté quelques particularités physiques du modèle choisi : rides plissées du front, mèches de cheveux, fossette du menton, qui seront transformées ou atténuées lors de l’exécution du tableau définitif. L'expression du personnage entre l'étude et le tableau n'est pas la même, ses traits passent de l'étonnement à l'admiration dans la grande composition du maître.

    Ces petits détails pleins de vie (qui évoquent beaucoup plus un Voltaire que l’auteur de L’Art poétique) prouvent sans conteste le caractère d’esquisse de ce petit tableau dont l’historique semble difficile à reconstituer et qui, pourtant, vient parfaitement compléter l’ensemble connu des autres études d’Ingres pour L’Apothéose d’Homère conservées à Montauban, mais aussi à Lyon, Poitiers, Angers, Bayonne, Montpellier et au musée du Louvre.

    Boileau est une des personnes majeures de la composition d'Ingres car il a traduit les textes de Longin et il assure, dans le tableau, la communication entre les Anciens et les Modernes.

    Cette oeuvre acquise par le musée Ingres en 1990 était, jusque là, restée inconnue même des spécialistes.

     

     

    File:Jean auguste dominique ingres baronne james de rothschild.jpg

     

    Baronne de Rothschild, 1848, Rothschild Collection, Paris

      

      

     

     

      

    Peintre célèbre- Jean Auguste Dominique Ingres

    Portrait de madame Aymon dite la Belle Zélie

    Ce portrait d'une femme dont on ne sait rien est paradoxalement l'un des plus connus d'Ingres.

      

    Reproduit partout, il a rendu célèbre une jeune et jolie femme qui a emporté avec elle son mystère. C'est que ce portrait ne figure pas dans les cahiers du peintre, où il a consigné la plupart de ses travaux.

    Lorsqu’en 1870 le musée de la ville de Rouen s’offre le portrait de Madame Aymon dite « la belle Zélie », personne ne s’y trompe : si Ingres n’est mort que trois ans auparavant à Paris, ce fabuleux portrait est déjà à l’époque passé entre les mains de collectionneurs avisés; E. Marcille et F. Reiset. Ce portrait remporta hier comme aujourd’hui tous les suffrages tant il témoigne du génie de l’artiste.

      

      

    Car si Ingres n’a plus à défendre sa réputation de fabuleux dessinateur, ni à prouver son excellence dans le genre classique, ce tableau lui permet d’égaler les plus grands dans la maîtrise et l’expression par la couleur.

      

      

      

    Le portrait de madame Aymon est donc une œuvre clé dans la progression artistique d’Ingres car s’il on ne peut nier ce coté classique et académique que présente bon nombre de ses œuvres de jeunesse (1806 pour ce portrait), et ce sera notre première partie ; cette peinture annonce l’ingrisme dans toute sa puissance, par son érotisme et son dessin, ce que nous analyserons dans une deuxième partie.

      

      

      

      

    Enfin la troisième partie sera consacré à démontrer en quoi cette œuvre fait également date car elle dévoile les qualités de coloriste qu’Ingres a si peu exploité tout au long de sa carrière. On tentera de conclure sur la synthèse parfaite ou non que cette œuvre semble être vis à vis du travail global d’Ingres.

    Portrait de madame Gonse - Jean-Auguste-Dominique Ingres

     

    Une peinture classique La première chose qui frappe lorsque le spectateur regarde Le portrait de madame Aymon, c’est l’inscription de ce tableau dans une époque. Ainsi la comparaison fut souvent faite par exemple avec le portrait de Désirée Clary de Gérard, cette fille d’un obscure négociant devenue reine de Suède suite à son mariage avec le maréchal d’empire Bernadotte (elle avait été précédemment fiancé à Bonaparte). La reprise la plus frappante est celle du format, car ces portraits sont tous deux des médaillons (portrait ou sujet peint dans un cadre circulaire ou ovale), une forme extrêmement classique

     

     

    Une femme à la fois belle et monstrueuse, attirante et effrayante. L’ingrisme qu’annonce ce tableau est un monde peuplé de femme créature qui malgré leur réalisme semble se jouer de la vérité. C’est entre perfection formelle, réalisme et sur-réalisme qu’Ingres se place provocant la où cela était le moins visible et la où on l’attendait le moins. Une œuvre à part – les couleurs La puissance des coloris de ce tableau renforce elle aussi la sensualité du modèle. Et c’est avant tout par cet aspect de l’œuvre qu’Ingres se révèle ici sous des aspects peu connus, cela permet donc de poser ce tableau comme œuvre clé de la peinture ingresque

     

    Portrait de madame Gonse - Jean-Auguste-Dominique Ingres

    Portrait de madame Gonse  1854

     

    "Avec le plus modeste mais très surprenant, portrait de Mme Gaudry (1856) du musée de Grenoble, il est l'unique portrait achevé de cette dernière période d'Ingres, actuellement conservé en France dans une collection publique... Contrairement aux modèles volontairement inexpressifs représentés par l'artiste, la charmante Caroline semble s'intéresser à ce peintre qui la dévisage et paraît lui offrir toute sa vivacité, teintée de curiosité. ...

     

    Malgré sa robe et un fond de mur d'un vert très sombre, l'oeuvre ne dégage aucune tristesse. Ingres s'est longuement attaché aux nombreux rubans et bijoux de son modèle pour réchauffer sa palette de toute une gamme de couleurs brillantes, allant du rose clair au parme très opaque, en passant par différents tons de rouge à la juxtaposition dangereusement audacieuse...

     

    Jean Auguste Dominique Ingres, La mort de Leonard de Vinci (The Death of Leonardo da Vinci), 1818

     

    Les circonstances qui ont conduit Ingres à rencontrer son futur modèle, née Joséphine Caroline Maille (Rouen, 7.02 1815 - Paris, 22.02 1901) sont assez obscures mais peuvent être dégagées des informations qui nous sont parvenues, principalement grâce à Lapauze, qui avait directement acquis la toile de la famille. Caroline était la fille d'Eugène-Dominique Maille, que le vieil historien qualifia de "vieil ami d'Ingres".

     

    Jean Auguste Dominique Ingres, l'apothéose d'Homére (Apotheosis of Homer), 1827

     

    L'affirmation semble à première vue un peu exagérée, et relever d'une tradition familiale un peu enjolivée. ... Nous avons (en revanche) indiscutablement un indice de cette rencontre par la dédicace à "Mlle Maille" du portrait de Madeleine Ingres en directrice que Lapauze posséda en même temps que celui-ci....

     

    La question des conseils artistiques donnés par Ingres à la jeune femme est une autre interrogation importante, et plus difficile à résoudre.

      

    Caroline Gonse est généralement incluse parmi les élèves d'Ingres. Mais ce qualificatif peut parfois cacher une filiation exagérée, limitée à de simples conversations informelles, sinon de rares et brèves rencontres...."

      

    Georges Vigne

     

     

    File:Dominique Ingres - Mme Moitessier.jpg

      

    "Madame Moitessier"
    (1856) National Gallery, London

     

     

     

     

    « ALFREDO RODRIGUEZElisabeth SONREL »
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